Les propos du président du Mouvement El-Bina El-Watani, Abdelkader Bengrina sur la Tunisie ont suscité de vives réactions, notamment chez les politologues. Sami Jallouli a exposé son point de vue sur son compte Facebook concernant ses intentions.
Sami Jallouli met en garde contre toute tentative d’ingérence étrangère dans les affaires intérieures tunisiennes, en appelant à préserver la souveraineté nationale, à éviter que la Tunisie ne devienne un terrain de règlement de comptes régionaux et à concentrer les efforts sur les priorités économiques, sociales et politiques du pays.
Il a exprimé des réserves concernant les déclarations politiques d’Abdelkader Bengrina. Il considère ces allégations comme inacceptables, même si elles visent, selon lui, à influencer l’opinion publique algérienne.
Dans le contexte actuel, une question essentielle se pose : la Tunisie est-elle à ce point vulnérable qu’elle doive dépendre des mises en garde d’un dirigeant politique étranger ?
À ce propos, il estime que ce dernier semble méconnaître ou peut-être feindre d’ignorer le fait que la Tunisie dispose de services de renseignement parmi les plus performants de la région. Ces services sont capables d’évaluer de manière autonome les intérêts et les menaces qui concernent le pays, indépendamment de toute déclaration ou directive extérieure.
Le politologue rappelle également que la Tunisie a, par le passé, adressé des avertissements sérieux à plusieurs pays voisins, dont l’Algérie, sans pour autant chercher à imposer sa tutelle ni à mener une quelconque propagande politique. Dans ce contexte, il déclare : « Notre pays entretient des relations économiques, sociales et politiques avec de nombreux acteurs régionaux, tels que l’Algérie, le Maroc, la Libye, la Mauritanie, l’Égypte, ainsi que les Émirats arabes unis, le Qatar, l’Arabie saoudite, Bahreïn, la Sultanat d’Oman et le Koweït. »
Il est important de noter qu’environ 35 000 Tunisiens vivent aux Émirats arabes unis, dont la plupart travaillent comme professionnels qualifiés, ingénieurs et cadres médicaux et paramédicaux dans les secteurs public et privé. En outre, il convient de mentionner que 65 000 Tunisiens résident au Qatar et 40 000 en Arabie saoudite. Ce qui met en évidence une présence significative de talents tunisiens dans la région.
Par conséquent, les autorités ont décidé de procéder à un réexamen des relations avec ces pays.
Face aux tensions géopolitiques et aux déclarations venues de l’étranger, Sami Jallouli appelle les Tunisiens à préserver la souveraineté nationale, à consolider la cohésion interne et à se concentrer sur les priorités économiques et sociales du pays. « La Tunisie n’a besoin ni d’avertissements ni de leçons », affirme-t-il. Tout en appelant à une politique étrangère fondée sur la neutralité, la dignité et la défense des intérêts nationaux.