Économiquement, la semaine a été celle du pétrole. Les prix ont repassé la barre des 100 dollars, ce qui signifie, pour un pays importateur de brut comme le nôtre, un lourd fardeau pour les finances publiques.
Mais combien cette crise énergétique mondiale va-t-elle réellement nous coûter ? En l’absence de chiffres officiels, nous tenterons d’en donner une estimation logique, fondée sur les éléments dont nous disposons.
Deux variables, deux impacts
Selon la loi de finances 2026, une augmentation de 1 dollar du prix du baril entraîne une hausse de 164 millions de dinars des dépenses de compensation. Une augmentation de 10 millimes du taux de change du dollar entraîne, elle, une hausse de 43 millions de dinars des mêmes dépenses.
Le raisonnement est basé sur les cours moyens du baril de Brent et tout au long d’une année. Selon les données de Trading Economics, les prix ont évolué comme suit :
– Moyenne du T1 2026 : environ 77,80 $ le baril.
– Moyenne du T2 2026 : environ 97,05 $ le baril.
– Moyenne de juillet au 11 septembre : environ 92 $ le baril.
Ainsi, la facture s’élève à 594,5 millions de dinars au premier trimestre, 1 383,7 millions au deuxième et 1 180 millions au troisième, soit 3 158,2 millions de dinars au total.
Pour ce qui est du taux de change, nous avons terminé l’année dernière à une parité USD/TND de 2,9966, contre 2,9092 actuellement. Sur la base de ces données, et en appliquant une règle de pro rata temporis, nous pouvons conclure que l’effet du dollar est positif et aurait permis de gagner 261,5 millions de dinars.
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Lourd bilan
Au total, nous parlons donc de 2 897 millions de dinars, ce qui est colossal. Il est quasiment impossible d’absorber un tel choc par des économies surtout que les engagements sociaux de l’État sont multiples.
Le déficit budgétaire est initialement programmé à -11 365 MDT, soit 6,0 % du PIB. Fitch Ratings l’a estimé à 6,4 % dans sa récente revue, et nous pensons que le taux serait plutôt proche de 7 %. L’État devra certainement piocher dans certaines dépenses, mais il ne faut pas oublier que la croissance est plus lente que prévu, ce qui signifie un dénominateur moins important pour le ratio déficit/PIB.
Les conséquences se traduisent par un endettement intérieur plus important, ce que nous observons déjà concrètement. De plus, il ne faut pas s’attendre à une amélioration sensible de certains services publics, du moins au rythme annoncé pour cette année. Espérons que cela donnera un nouveau coup de pouce pour accélérer la transition énergétique. Nous en avons vraiment besoin.