Alors que le bras de fer dévastateur entre les Etats-Unis et la République islamique persiste dans le Golfe, une réunion importante se déroule en ce lundi 14 septembre dans la capitale d’Oman entre les ministres des Affaires étrangères de l’Iran, des six pays du Conseil de Coopération du Golfe et de l’Irak
Selon le ministère iranien des Affaires étrangères, « cette réunion à Oman constitue une étape importante vers la promotion de la confiance et de la coopération entre les pays de la région, ainsi que vers la paix et la stabilité, sans l’ingérence destructrice des forces extérieures. »
C’est le même message qu’a livré la semaine dernière, à l’occasion du sommet des BRICS à New Delhi, le président iranien, Massoud Pezechkian, qui a profité de l’occasion pour se réunir avec les dirigeants arabes présents. Il a lui aussi essayé de « promouvoir la confiance » entre l’Iran et le monde arabe en affirmant : « Nous n’avons aucun problème avec les Emirats, l’Arabie saoudite ou aucun autre de nos voisins arabes. Notre problème est avec les bases militaires américaines qui s’y trouvent. »
La guerre d’agression américano-sioniste contre l’Iran et ses conséquences désastreuses non seulement pour la région, mais pour le monde, a démontré que les bases militaires américaines dans le Golfe constituaient un danger pour l’Iran et pour les pays qui les abritaient.
Les pays arabes du Golfe se sont rendu compte avec grande amertume que les bases américaines censées les protéger se sont avérées un grave danger pour leur sécurité, leur stabilité, leurs économies. Pendant les six mois de guerre, ils ont eu largement le temps de méditer la fameuse citation attribuée à Henry Kissinger, l’ancien secrétaire d’Etat de Richard Nixon : « Être l’ennemi des Etats-Unis est dangereux, être leur ami est fatal. »
La réunion de ce lundi 14 septembre dans le sultanat d’Oman constitue un événement sans précédent dans le sens où, pour la première fois, amis et ennemis des Etats-Unis s’assoient ensemble pour discuter des moyens de résoudre le principal problème engendré par la guerre d’agression américaine : la circulation dans le détroit d’Hormuz. En d’autres termes, c’est la réunion des victimes de la politique agressive américaine dans le Grand-Moyen Orient.
L’Irak est victime de la guerre déclenchée par Bush le 20 mars 2003 dont les conséquences terrifiantes persistent encore 23 ans plus tard. L’Iran est victime de 47 ans de sanctions économiques étouffantes et de la guerre déclenchée par Trump et Netanyahu le 28 février. Et tous les pays du Golfe sont victimes aussi pour avoir subi et continuent de subir les conséquences désastreuses de cette guerre lancée contre l’Iran à partir des bases sur leurs territoires et au déclenchement de laquelle ils n’ont même pas été consultés.
La réunion d’Oman ne vise pas à résoudre les problèmes de sécurité de la région très en dessus des capacités et des pouvoirs des participants. Le but est de trouver un moyen acceptable pour tous permettant au détroit d’Ormuz de retrouver son statut d’avant-guerre.
Ce moyen existe, il a été accepté par tous avant d’être sabordé par celui-là-même qui l’a signé le 17 juin à Versailles. Il s’agit du Memorandum of Understanding (MoU), et en particulier le point 5 qui charge l’Iran et Oman de gérer provisoirement la circulation dans le détroit d’Ormuz, en attendant la résolution finale du conflit.
Si l’Iran et ses voisins arabes, réunis à Oman, trouvent une solution au problème d’Ormuz, Trump ne l’acceptera certainement pas à en juger par sa réponse à cette réunion : « Je m’en fiche, c’est leur problème », a-t-il dit !
Leur problème, car celui de Trump est ailleurs. Il est obsédé par la date du 3 novembre, jour qui pourrait s’avérer fatal pour ce président-pyromane. Fatal dans le sens où, s’il perd les élections partielles, il pourrait faire face à une procédure d’impeachment qui le menacerait de destitution et de prison.
Face à cette perspective cauchemardesque, Trump affiche chaque jour un peu aux Américains et au monde son désespoir. Il est si désespéré qu’il recourt aux stratagèmes les plus absurdes et les plus illégaux : soudoyer les électeurs en promettant « un chèque de 5000 dollars pour chaque adulte en cas de victoire du parti républicain. »
Une promesse qui n’a fait qu’accroitre le mépris du monde et la colère des Américains vis-à-vis de ce président aux abois. Comment peut-il en être autrement quand, par sa guerre d’agression, il a mis l’économie mondiale dans un état de crise qui pourrait s’avérer plus dévastatrice que celle de 1929 ? Comment peut-il en être autrement quand il a mis le monde au bord d’une troisième guerre mondiale ? Comment peut-il en être autrement quand le prix du gallon d’essence est passé de 2,5 dollars avant la guerre à 10 dollars aujourd’hui en Californie ?
En attendant l’heure de vérité du 3 novembre, Trump continue de s’agiter comme un possédé, répétant à tout bout de champ qu’il est « le meilleur président de l’histoire américaine et que l’économie des Etats-Unis n’a jamais été aussi prospère et que les Américains n’ont jamais été aussi heureux » !
L’ami George Galloway est l’un des très nombreux à travers le monde qui ne cachent pas leur bonheur de voir Trump dans un état si désespéré. Il enfonce le clou par ce persiflage : « J’informe tous ceux qui croient encore aux promesses de Trump, je possède un pont à Londres que je leur vendrai à un bon prix. »