Les cours du pétrole ont rebondi de plus de 2 % lundi 14 septembre, effaçant une grande partie du recul enregistré lors de la précédente séance. Le marché reste sous pression face aux risques de perturbation des approvisionnements, après de nouvelles attaques contre des infrastructures énergétiques saoudiennes et des incidents maritimes dans le Golfe.
Les prix du pétrole ont nettement progressé ce lundi, portés par le regain des tensions au Moyen-Orient et les craintes d’une nouvelle perturbation des approvisionnements mondiaux. Après avoir perdu 3 % vendredi, les cours ont ainsi renoué avec une dynamique haussière, prolongeant les gains enregistrés la semaine précédente.
Le Brent pour livraison en novembre gagnait 1,97 % à 106,67 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) pour octobre progressait de 2,05 % à 102,10 dollars. Sur l’ensemble de la semaine précédente, les deux références avaient déjà enregistré des hausses respectives de 8,6 % et 8,5 %.
Cette nouvelle poussée intervient alors que les marchés pétroliers redoutent une aggravation des perturbations logistiques dans une région essentielle pour les exportations mondiales. De nouvelles attaques attribuées aux Houthis contre des installations en Arabie saoudite, ainsi que des attaques iraniennes contre des navires dans le Golfe, ont renforcé les inquiétudes.
Le principal facteur de tension concerne notamment l’arrêt temporaire du pipeline saoudien Est-Ouest, touché par une attaque de drone. Cet oléoduc revêt une importance stratégique pour Riyad puisqu’il permet d’acheminer le brut vers la mer Rouge et de réduire la dépendance au détroit d’Ormuz. Sa mise à l’arrêt pourrait ainsi affecter jusqu’à 4 % de l’offre mondiale de pétrole, selon les éléments rapportés par l’article.
La situation autour des infrastructures et des voies maritimes reste également préoccupante. Selon les informations citées par la plateforme ‘Energy’, les stocks disponibles à Yanbu permettraient de maintenir les exportations pendant seulement cinq à sept jours si l’interruption du pipeline devait se prolonger.
Les tensions s’étendent parallèlement aux principales routes maritimes du Moyen-Orient. Un navire a été touché dans le détroit d’Ormuz, provoquant un incendie et l’évacuation de son équipage. Un autre navire commercial iranien aurait également été attaqué au large des côtes iraniennes, faisant un mort et quatre blessés parmi l’équipage.
La situation autour du détroit de Bab el-Mandeb ajoute une nouvelle source d’incertitude. Les Houthis, alliés de l’Iran, auraient atteint vendredi l’île stratégique de Perim, à l’entrée du détroit, renforçant leurs capacités de contrôle d’un passage maritime essentiel au commerce énergétique. Ce corridor aurait représenté ces derniers mois entre 4 % et 5 % des approvisionnements mondiaux en pétrole.
Dans ce contexte, les perspectives d’une désescalade apparaissent limitées. Une réunion prévue lundi à Oman entre les pays du Golfe et l’Iran au sujet du détroit d’Ormuz a été reportée, tandis qu’aucune nouvelle négociation de paix n’a encore permis de débloquer le conflit qui oppose depuis plusieurs mois l’Iran aux États-Unis et à Israël.
Le marché pétrolier se retrouve ainsi confronté à un double risque : la réduction effective de l’offre et la montée de la prime géopolitique. Tant que les infrastructures saoudiennes et les principales routes maritimes resteront exposées, les cours pourraient demeurer au-dessus du seuil symbolique des 100 dollars le baril.