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En lisant: Frappes conjointes américano-saoudiennes en Irak : Riyad a-t-il franchi le Rubicon ?
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Leconomiste Maghrebin > Blog > Idées > Analyses > Frappes conjointes américano-saoudiennes en Irak : Riyad a-t-il franchi le Rubicon ?
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Frappes conjointes américano-saoudiennes en Irak : Riyad a-t-il franchi le Rubicon ?

Béchir Lakani
2026/07/31 at 12:28 PM
par Béchir Lakani 7 Min Lecture
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Le royaume wahhabite avait-il encore d'autre choix que de s'engager directement dans le conflit après s'être longtemps limité à intercepter les attaques...?
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Une étape dangereuse vient-elle d’être franchie suite aux frappes conjointes américano-saoudiennes en Irak, mercredi 29 juillet ; la première opération militaire à laquelle l’Arabie saoudite participe aux côtés de Washington depuis le début de la guerre contre l’Iran ? Analyse.

 

Contents
Une étape dangereuse vient-elle d’être franchie suite aux frappes conjointes américano-saoudiennes en Irak, mercredi 29 juillet ; la première opération militaire à laquelle l’Arabie saoudite participe aux côtés de Washington depuis le début de la guerre contre l’Iran ? Analyse.RevirementLire aussi : Analyse critique des tendances géopolitiques en 2025 et leurs impacts sur la Tunisie (2)Lire également – Mer Rouge : les Houthis paralysent le trafic maritimeRiyad, dos au murApaisement

Une nouvelle ligne rouge vient-elle d’être franchie au Moyen-Orient ? En participant à une opération militaire menée avec les États-Unis contre des milices pro-iraniennes en Irak, l’Arabie saoudite fait un pas qui pourrait profondément modifier l’équilibre régional.

« Non seulement la guerre entre les États-Unis et l’Iran a repris de plus belle cette semaine après quelques jours d’accalmie, mais son extension à de nouveaux acteurs et pays de la région fait basculer le Moyen-Orient en terra incognita », résume le quotidien britannique The Guardian, reflétant les craintes grandissantes d’un embrasement régional.

Revirement

Longtemps attachée à une stratégie de désescalade, l’Arabie saoudite semble aujourd’hui tourner la page de la prudence diplomatique. En s’associant militairement aux États-Unis, Riyad rompt avec la ligne de conduite qui prévalait depuis plusieurs années et assume désormais une implication directe dans le bras de fer opposant Washington et Téhéran.

Ce revirement est d’autant plus marquant que le royaume avait investi d’importants efforts dans la normalisation de ses relations avec la République islamique. Convaincus que l’Iran demeurerait un voisin incontournable, les dirigeants saoudiens avaient fait le choix du réalisme stratégique, privilégiant la recherche d’un modus vivendi plutôt qu’une confrontation permanente. Cette approche avait culminé en mars 2023 avec la reprise officielle des relations diplomatiques entre les deux puissances régionales, dans le cadre d’un accord négocié sous l’égide de la Chine.

 

Lire aussi : Analyse critique des tendances géopolitiques en 2025 et leurs impacts sur la Tunisie (2)

 

Changement radical de cap. Le mercredi 29 juillet, Riyad a participé, aux côtés de Washington, à des frappes visant des milices pro-iraniennes en Irak. Une première depuis le déclenchement de la guerre opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël à la fin du mois de février.

« C’est un changement majeur dans l’attitude de l’Arabie saoudite après des mois marqués par une importante retenue de la part de Riyad », souligne Toby Matthiesen, historien spécialiste du Moyen-Orient et de l’islam à l’université de Bristol.

Or, pour justifier ces frappes conjointes américano-saoudiennes, inédites depuis le début du conflit, l’état-major américain dit avoir ciblé « plusieurs centres logistiques et dépôts d’armes », précisant que ces infrastructures « étaient directement contrôlées par des milices opérant sous les ordres des Gardiens de la révolution iraniens », considérées comme des maillons essentiels du dispositif militaire de Téhéran dans la région.

Pour sa part, Riyad soutient avoir agi en « état de légitime défense », accusant les milices pro-iraniennes implantées en Irak d’avoir intensifié, depuis le début de la semaine, leurs attaques de drones contre les infrastructures énergétiques du royaume. Une justification qui traduit la volonté de l’Arabie saoudite de présenter son intervention comme une réponse à des menaces directes contre sa sécurité nationale.

 

Lire également – Mer Rouge : les Houthis paralysent le trafic maritime

Riyad, dos au mur

Le royaume wahhabite avait-il encore d’autre choix que de s’engager directement dans le conflit après s’être longtemps limité à intercepter les attaques visant son territoire et à s’en remettre au parapluie sécuritaire américain ? Il faut reconnaître que depuis le déclenchement de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran, le 28 février, l’Arabie saoudite est devenue une cible privilégiée de Téhéran et de ses alliés régionaux. Qu’il s’agisse des milices pro-iraniennes en Irak ou des Houthis au Yémen, les attaques contre les infrastructures stratégiques du royaume se sont multipliées. À elle seule, la journée du 16 mars a été marquée par une vague d’une centaine de drones que Riyad attribue à l’Iran et qui auraient visé ses installations énergétiques.

En mer Rouge, la pression ne faiblit pas non plus. Les Houthis ont à plusieurs reprises pris pour cible des pétroliers saoudiens, dans une stratégie visant à perturber les exportations d’hydrocarbures du royaume. Mardi 28 juillet, la milice yéménite a de nouveau revendiqué une attaque contre un cargo saoudien, affirmant l’avoir frappé à l’aide de « plusieurs missiles balistiques ».

Apaisement

Au final, toute l’équation géopolitique du Moyen-Orient se résume à une question : qui de l’Arabie saoudite, chef de file du monde sunnite, ou de l’Iran, puissance de référence du chiisme, imposera son leadership sur le monde musulman ?

Cette rivalité, qui dépasse largement les clivages religieux, se traduit depuis des années par une guerre d’influence menée par procuration. De l’Irak au Yémen, en passant par le Liban et la Syrie, les deux puissances s’affrontent indirectement à travers leurs alliés et leurs groupes armés, faisant de chaque crise régionale un nouvel épisode de leur lutte pour l’hégémonie.

Mais pour Riyad, il est impératif de ne pas franchir la ligne rouge en menant des frappes sur le territoire iranien. Car en ciblant exclusivement des milices pro-iraniennes opérant hors d’Iran, le royaume inscrit son intervention dans la continuité de ses opérations contre les Houthis au Yémen. Ainsi, cette stratégie permet aux autorités saoudiennes de présenter leurs actions comme une réponse strictement défensive à des menaces pesant sur leur sécurité nationale, plutôt que comme une participation directe à la guerre contre la République islamique.

Autrement dit, l’Arabie saoudite cherche à maintenir un équilibre délicat. Tant qu’elle évite de frapper le territoire iranien ou d’afficher un soutien explicite à la campagne militaire menée par Washington, Riyad laisse ouverte la possibilité d’une désescalade avec Téhéran. Le calcul est clair : convaincre les dirigeants iraniens que ces opérations relèvent de la protection de ses intérêts vitaux et les inciter, ainsi que leurs alliés régionaux, à réduire, voire à cesser, leurs attaques contre le royaume. D’où le choix de l’Irak.

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MARQUÉE: Arabe saoudite, frappes americaines, guerre en iran, Houthis, Irak, Iran, milices irakiennes
Béchir Lakani 31 juillet 2026
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