Soutenir l’entrepreneuriat féminin, ce n’est pas simplement corriger une injustice : c’est donner aux femmes les moyens de transformer des idées locales en marchés internationaux, mais aussi de créer des emplois inclusifs et de renforcer les chaînes de valeur à l’échelle du continent.
À l’ouverture du COMFWB Trade Fair, le 1er juillet 2026 à Tunis, l’ambassadrice de France en Tunisie, Anne Guéguen, a pris la parole pour souligner l’importance d’une vision axée sur un partenariat renouvelé entre l’Afrique et la France. Elle a précisé que ce partenariat doit produire des résultats concrets, être co-construit d’égal à égal et porté par les femmes entrepreneures.
Toujours dans le cadre du COMESA, l’Ambassadrice a souligné que la France souhaite passer d’une logique d’assistance à une logique d’investissement productif et de partenariat équilibré. “L’Afrique n’est pas un continent à assister, mais un continent à investir”, a-t-elle affirmé, rappelant que le continent est le plus jeune du monde et dispose d’un fort potentiel de croissance.
Elle a mis l’accent sur la nécessité de penser à l’échelle continentale, au-delà des clivages linguistiques historiques, pour bâtir des chaînes de valeur inclusives et durables. Poursuivant son propos, elle a rappelé les engagements récents pris à Nairobi dans le cadre du sommet Africa Forward : 23 milliards d’euros d’investissements annoncés pour le continent, dont 14 milliards mobilisés par des financements publics et privés français, ciblant l’énergie, les infrastructures numériques, les transports, l’agriculture intelligente et la formation des talents africains de demain.
Elle a insisté sur la place centrale des femmes et de la jeunesse dans ce nouveau paradigme. « Soutenir leur internationalisation, ce n’est pas seulement une politique de justice. C’est une politique d’efficacité économique », a-t-elle déclaré. Elle a souligné que les entreprises dirigées par des femmes réinvestissent davantage dans leurs communautés, créent des emplois plus inclusifs et sont de puissants vecteurs d’innovation.
À ce titre, les résultats de l’initiative Qawafel ont été cités comme preuve tangible : plus de 170 structures d’accompagnement tunisiennes soutenues financièrement et techniquement, des centaines d’entreprises et start-ups accompagnées vers l’internationalisation, et des partenariats institutionnels noués entre la Tunisie, le Kenya, le Congo et le Sénégal. Ces chiffres, a-t-elle noté, représentent des entreprises tunisiennes qui exportent pour la première fois vers l’Afrique subsaharienne, des emplois créés et des relations de confiance désormais établies entre opérateurs de pays qui se connaissaient peu.
Anne Guéguen a mis en lumière la cohérence entre l’action locale en Tunisie et la stratégie portée à Nairobi. Elle a fait savoir que soutenir une entrepreneure tunisienne du secteur agroalimentaire à exporter vers le Kenya ou faciliter l’accès au financement d’une PME à Sfax relève de la même logique que l’annonce d’investissements structurants à l’échelle continentale : partenariats équilibrés, intégration dans les chaînes de valeur et investissements productifs plutôt que dépendance à l’aide. Elle a souligné que cette approche vise à renforcer la souveraineté économique des pays africains tout en créant des opportunités mutuellement bénéfiques.
S’appuyant sur le Plan stratégique à moyen terme 2026-2030 du COMFWB, l’Ambassadrice a rappelé l’importance d’élargir l’accès au financement et aux marchés, d’intégrer résolument le numérique comme levier de compétitivité et de renforcer l’intégration des femmes dans le commerce intra-COMESA et la ZLECAf.
Elle a fait savoir que la France se reconnaît pleinement dans ces priorités et continuera, via Qawafel et l’ensemble de ses instruments de coopération, à accompagner leur mise en œuvre.
Pour conclure, elle a insisté sur le sens du partenariat proposé : « On va ensemble co-produire, co-investir, co-inventer », un engagement qui, selon elle, ouvre la voie à des résultats rapides et durables pour la Tunisie et pour l’Afrique tout entière.