La Libye veut attirer jusqu’à 40 milliards de dollars d’investissements pour développer ses ressources pétrolières et gazières et porter sa production de brut à 2 millions de barils par jour d’ici 2030. Mais des obstacles existent.
La Libye cherche à mobiliser entre 30 et 40 milliards de dollars d’investissements pour développer ses ressources en pétrole et en gaz, a déclaré Masoud Suleman, président de la National Oil Corporation (NOC), dans un entretien accordé au Financial Times.
L’objectif est ambitieux : porter la production libyenne de brut, actuellement autour de 1,4 million de barils par jour, à environ 2 millions de barils par jour à l’horizon 2030.
La NOC affirme disposer encore de nombreuses ressources inexploitées. Plus de 60 champs pétroliers resteraient notamment à développer, offrant à la Libye un potentiel considérable d’augmentation de sa production.
Mais le manque de capitaux constitue l’un des principaux freins au développement du secteur. Après des années de conflit et de fragmentation politique, les infrastructures pétrolières ont souffert d’un sous-investissement chronique…
Le pays voudrait donc attirer davantage de capitaux étrangers et améliorer les conditions offertes aux investisseurs. Dans ce cadre, la NOC pourrait notamment privilégier des mécanismes contractuels permettant aux compagnies étrangères d’assumer une part plus importante des coûts initiaux de développement.
La Libye reste confrontée à un environnement particulièrement difficile. La rivalité entre les autorités de Tripoli et les forces de l’est, les problèmes de sécurité, la corruption et la contrebande de carburant compliquent les efforts visant à attirer durablement les investisseurs…
Pour Tripoli, l’enjeu dépasse cependant la seule production pétrolière. Les hydrocarbures constituent la principale source de revenus et de devises du pays. Une augmentation durable de la production permettrait de renforcer les finances publiques et de financer les infrastructures.
Le pari libyen reste ainsi considérable : transformer des ressources pétrolières abondantes mais sous-exploitées en investissements massifs, dans un pays où la stabilité politique et la sécurité demeurent les principales inconnues.