Les discours officiels ont laissé place aux confidences littéraires. Quinze jours après la cérémonie des Comar d’Or, les lauréats de la 30ᵉ édition étaient conviés à Tunis par Comar Assurances, le 4 juin 2026, pour un face-à-face inédit avec le public. Objectif : abandonner le protocole des remises de prix pour explorer ce qui nourrit véritablement l’écriture — la naissance des textes, les obsessions qui les traversent et les chemins empruntés par leurs auteurs.
Devant un auditoire mêlant écrivains, journalistes, jurés et passionnés de lecture, la rencontre a pris des allures de cercle littéraire, loin du faste de la cérémonie officielle. L’exercice visait à laisser la parole aux auteurs pour explorer les coulisses de leurs œuvres primées.
En préambule, Lotfi Ben Haj Kacem, directeur général de Comar Assurances, a souligné la singularité de cet anniversaire – les trois décennies d’existence du prix – et rappelé l’indépendance des jurys, présentée comme une clé de la légitimité du label. Il a également salué la vigueur de la production romanesque tunisienne, illustrée par un record de soumissions : 92 romans examinés cette année, du jamais-vu, selon les organisateurs. Au-delà du volume, les membres des jurys ont insisté sur la tenue des ouvrages en compétition et sur la densité des débats ayant précédé le choix final.
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Seul Sofiane Ben M’rad, récompensé par le Prix Découverte en langue française pour Tunis Arkana, était absent. Le débat était bel et bien riche et constructif. Hichem Ben Azouz, lauréat du Comar d’Or francophone pour Sangoma le guérisseur, a retracé son parcours ayant abouti à un récit où se croisent médecine, introspection spirituelle et confrontation avec des savoirs alternatifs. Hella Feki, Prix spécial du jury pour Une reine sans royaume, a expliqué son attachement aux trajectoires d’exil et aux vies oubliées par l’histoire.
Du côté des œuvres en arabe, Nasr Belhaj Beltaïeb (Comar d’Or pour سيف الصوان), Fahmi Balti (Prix spécial du jury pour دم سيّئ) et Najwa Kaddari (Prix Découverte pour الماجدة) ont dévoilé leurs sources d’inspiration, la construction de leurs univers et la part d’intime déposée dans leurs personnages.