L’Algérie a donné son accord de principe pour augmenter ses exportations de gaz vers l’Espagne à partir de 2027, tout en appliquant une hausse des prix pouvant atteindre 10 %.
L’accord, actuellement en discussion à l’occasion de la visite du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez à Alger, prévoit également une augmentation des livraisons via le gazoduc Medgaz et des cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL).
L’Algérie s’apprête à renforcer son rôle de principal fournisseur de gaz de l’Espagne. Des sources proches des négociations indiquent qu’Alger a accepté, lundi 20 juillet, sur le principe, d’augmenter ses exportations de gaz vers la péninsule Ibérique de 10 à 15 % à compter du début de l’année 2027. En contrepartie, les prix du gaz seraient relevés dans une proportion ne dépassant pas 10 %.
L’énergie constitue le principal dossier des entretiens entre Pedro Sánchez et le président algérien Abdelmadjid Tebboune, avec pour objectif de normaliser les relations bilatérales et de consolider la coopération énergétique.
Priorité au gazoduc Medgaz
L’accord envisagé prévoit de privilégier l’augmentation des volumes acheminés par le gazoduc Medgaz, qui relie directement l’Algérie à l’Espagne sous la Méditerranée.
Les discussions portent sur un relèvement des flux quotidiens d’environ 28 millions à 32 millions de mètres cubes par jour. Soit une hausse proche de 12,5 %. Cette solution est privilégiée en raison de coûts de transport inférieurs à ceux du gaz naturel liquéfié et d’infrastructures déjà opérationnelles.
Madrid souhaitait initialement obtenir une augmentation comprise entre 20 et 25 % de ses importations de gaz algérien. Des sources citées soulignent qu’Alger n’a toutefois pas été en mesure d’accéder à cette demande en raison de capacités de production excédentaires limitées. Les deux parties se sont donc orientées vers une augmentation plus modérée des livraisons.
L’Algérie demeure le premier fournisseur de gaz de l’Espagne
Au premier semestre 2026, l’Algérie a représenté 33,9 % des importations gazières espagnoles, conservant sa place de premier fournisseur devant les États-Unis. Les exportations algériennes vers l’Espagne ont atteint 64,23 térawattheures (TWh), dont 59,63 TWh acheminés par gazoduc et 4,59 TWh sous forme de GNL. Au seul mois de juin, la part de marché de l’Algérie a atteint 40,3 % des importations espagnoles de gaz.
Les discussions portent aussi sur une augmentation des cargaisons de gaz naturel liquéfié. Les exportations algériennes de GNL ont reculé au premier semestre 2026. Tandis que les importations espagnoles de GNL algérien ont chuté de plus de 50 % sur un an. Les deux pays souhaitent inverser cette tendance afin de diversifier les modes d’approvisionnement de l’Espagne.
Ce rapprochement intervient dans un contexte où les tensions géopolitiques au Moyen-Orient poussent les pays européens à sécuriser leurs approvisionnements énergétiques.
Pour l’Algérie, cet accord renforcerait sa position de fournisseur stratégique du marché européen. Pour l’Espagne, il offrirait une plus grande sécurité d’approvisionnement grâce à des contrats de long terme et à un renforcement des flux via Medgaz, malgré une hausse des prix négociée entre les deux partenaires.