Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné, le 30 août 2026, une modification du Code pénal afin d’introduire la peine de mort contre les personnes reconnues coupables d’avoir volontairement déclenché des incendies de forêt. Cette décision intervient après une vague d’incendies qui a fait 12 morts dans plusieurs régions du pays.
Le gouvernement algérien entend répondre avec une fermeté exceptionnelle à la multiplication des incendies qui ont ravagé plusieurs wilayas du nord du pays. Réuni dimanche avec de hauts responsables civils et militaires pour examiner les conséquences des feux, Abdelmadjid Tebboune a demandé au ministre de la Justice de préparer une modification du Code pénal visant à punir de la peine capitale les auteurs d’incendies de forêt déclenchés délibérément.
Le chef de l’État a donné au ministère de la Justice jusqu’au 15 septembre pour présenter le projet de modification législative. Selon les informations rapportées par la télévision publique, la peine de mort ne pourrait être exécutée qu’après épuisement de toutes les voies de recours judiciaires. La mesure doit donc encore suivre la procédure législative avant de pouvoir entrer en vigueur. Cette initiative constitue un durcissement majeur de la réponse pénale aux incendies criminels.
Douze morts dans les récents incendies
La décision intervient après une série de feux qui ont touché plusieurs régions du pays et provoqué 12 décès, ainsi que plusieurs dizaines de blessés. Les autorités algériennes ont également annoncé des arrestations de personnes soupçonnées d’être impliquées dans le déclenchement volontaire de certains incendies. Le président Tebboune avait déjà évoqué l’hypothèse d’une origine criminelle pour une partie des feux.
L’Algérie est régulièrement confrontée à des incendies durant les mois d’été, notamment dans les régions boisées du nord. Les fortes chaleurs et la sécheresse favorisent leur propagation, tandis que les autorités accusent régulièrement des individus d’actes d’incendie volontaire.
Une peine de mort déjà inscrite dans le droit algérien
La mesure annoncée ne constitue pas une réintroduction générale de la peine capitale dans le droit algérien : la peine de mort demeure déjà prévue par le Code pénal pour plusieurs infractions. En revanche, l’Algérie applique un moratoire de fait sur les exécutions depuis 1993. Des condamnations à mort continuent d’être prononcées par les tribunaux, mais elles ne sont plus exécutées. La nouvelle initiative de Tebboune soulève donc une question plus large : celle de savoir si les condamnations prononcées pour incendies volontaires seront effectivement exécutées ou si le moratoire sera maintenu.
Pour les autorités, la priorité est désormais de dissuader les actes criminels susceptibles d’aggraver les conséquences des incendies. Le gouvernement a parallèlement annoncé des mesures destinées à venir en aide aux populations touchées, à rétablir les services essentiels et à réparer les infrastructures endommagées. Le durcissement de la législation intervient également dans un contexte où les incendies deviennent plus difficiles à maîtriser sous l’effet combiné des températures élevées, de la sécheresse et de la vulnérabilité croissante des zones forestières.
Avec cette réforme annoncée, Alger veut envoyer un message de fermeté maximale aux auteurs d’incendies volontaires. Mais au-delà de la menace pénale, le débat portera désormais sur l’application effective de la peine capitale, alors que l’Algérie n’a procédé à aucune exécution depuis 1993.