Des représentants des camps rivaux de l’Est et de l’Ouest libyens ont signé, dimanche 30 août à Tripoli, sous l’égide de l’ONU, un accord destiné à relancer le processus politique (rompu depuis plusieurs mois) et à ouvrir la voie à des élections nationales. Le texte prévoit un délai pouvant aller jusqu’à 24 mois, mais sa mise en œuvre reste conditionnée à la réunification des institutions et des gouvernements rivaux: celui dirigé par Abdel Hamid Dbeibah et reconnu par la communauté internationale, et celui du maréchal Khalifa Haftar (Bengazi).
Fruit de plusieurs mois de discussions menées notamment à Rome et à Tunis, l’accord cherche à éviter les blocages qui avaient empêché les élections prévues en 2021, rappellent plusieurs médias. L’ONU entend cette fois renforcer son rôle et pourrait saisir le Conseil de sécurité afin de faire adopter l’accord sous forme de résolution, y compris en cas d’opposition des institutions libyennes.
Pour la Tunisie, l’enjeu est particulièrement important. Une stabilisation politique de la Libye pourrait favoriser la reprise du commerce transfrontalier, les investissements et la circulation des personnes. Par exemple, le poste de Ras Jedir, essentiel aux échanges entre l’ouest libyen et le Sud-Est tunisien, pourrait notamment bénéficier d’un environnement plus stable.
Une Libye réunifiée permettrait également de renforcer la coopération tuniso-libyenne en matière de sécurité, de lutte contre les trafics et de gestion des migrations, tout en réduisant les risques liés à l’instabilité de la frontière.
Le rôle de Tunis dans les négociations constitue par ailleurs un atout diplomatique pour la Tunisie. Mais l’optimisme reste prudent : le véritable impact de l’accord dépendra de sa mise en œuvre et de la capacité des acteurs libyens à surmonter leurs rivalités. Pour Tunis, une Libye stable et unifiée représenterait à la fois un enjeu sécuritaire et une opportunité économique majeure.