Qui dit Marseille dit Saison Méditerranée, une manifestation qui cherche à dépasser les clichés pour rendre visibles les enjeux contemporains, écologiques, culturels et économiques et favoriser des formes de coopération durable entre les pays riverains. C’est ce qui ressort des événements clés, lors de ce court séjour à Marseille. Rencontrée lors de la journée du 16 mai 2026 au Musée d’Art Contemporain de Marseille, Louisa Babari a souligné l’importance de se rappeler des histoires concrètes : patrimoines en mouvement, créations contemporaines.
Louisa Babari puise son inspiration dans les strates antiques et la minéralité des territoires méditerranéens. Son travail évoque la tribu des Bab présente dès l’Antiquité, mentionnée au IIIe siècle après J.-C. sur une plaque commémorant une victoire romaine et liée à des événements ayant opposé des tribus locales aux légions, et met en lumière les continuités culturelles entre l’Algérie et la Tunisie.
Issue d’une famille paternelle de la région de Constantine, l’artiste rappelle combien les échanges entre l’Est algérien et la Tunisie, notamment à l’époque antique, effacent les frontières modernes.
Pour Louisa Babari, la pierre, la statuaire et la minéralité sont autant de formes qui résonnent avec une esthétique de la modernité « native ». Elle voit la Méditerranée comme un laboratoire de modernité tribale, où les apports berbères se croisent avec les influences romaines, byzantines et pharaoniques, créant une richesse esthétique qui perdure dans les vêtements, la musique, les motifs, les bijoux et les usages quotidiens de certaines communautés.
Son travail cherche à sonder les temps immémoriaux pour interroger le présent. La question reste à savoir: comment le patrimoine antique nous parle-t-il aujourd’hui et quel potentiel artistique offre la Méditerranée ? A cette interrogation, elle nous répond qu’elle s’intéresse à la modernité des formes nord-africaines et africaines, à leurs dialogues avec la statuaire grecque et égyptienne, et aux façons dont ces héritages peuvent nourrir de nouvelles représentations contemporaines.
En somme, Louisa Babari poursuit ce dialogue en confrontant sa production aux formes du patrimoine ancien, en développant de nouvelles manières de représentation et en interrogeant la conservation face aux destructions contemporaines. Artiste active internationalement, elle expose régulièrement, notamment en Afrique, au Qatar (biennale de photographie), aux États-Unis et ailleurs, portant son travail dans des contextes variés pour nourrir ce questionnement méditerranéen.








