La Commission européenne a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2026, pour cause de crise persistante autour du détroit d’Ormuz et de la flambée des prix de l’énergie. Bruxelles a annoncé que l’économie de l’Union européenne ne devrait progresser que de 1,1 % en 2026; contre 1,4 % anticipé lors des prévisions d’automne.
Selon la Commission, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, avec les perturbations du trafic énergétique dans le détroit d’Ormuz, ont profondément modifié les perspectives économiques du continent. Cette voie maritime stratégique demeure essentielle pour l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel. Ce qui expose directement l’Europe aux secousses énergétiques internationales.
La hausse des prix du pétrole alimente désormais une nouvelle poussée inflationniste. Bruxelles prévoit une inflation qui pourrait atteindre 3 % en 2026, bien au-dessus des estimations précédentes. Cette situation risque de compliquer davantage la tâche de la Banque centrale européenne (BCE), déjà confrontée à un ralentissement de l’activité économique et à une érosion du pouvoir d’achat des ménages.
Les derniers indicateurs économiques confirment cette dégradation. L’indice PMI de la zone euro, qui mesure l’activité des entreprises, est tombé à son niveau le plus faible depuis plus de deux ans et demi. Le secteur des services apparaît particulièrement touché par la hausse du coût de la vie et l’augmentation des dépenses énergétiques.
L’Europe traverse ainsi une nouvelle phase d’incertitude économique après les séquelles de la pandémie de Covid-19 et de la guerre en Ukraine. Plusieurs États membres, notamment la France, l’Italie et l’Allemagne, voient leurs perspectives de croissance revues à la baisse. Tandis que les déficits publics devraient continuer de se creuser.
Dans ce contexte, la Commission européenne appelle les gouvernements à privilégier des mesures de soutien ciblées plutôt qu’une relance budgétaire massive. Elle estime toutefois que les 27 sont mieux préparés qu’en 2022 pour affronter un choc énergétique. Et ce, grâce à la diversification progressive de leurs sources d’approvisionnement et à l’accélération des politiques de transition énergétique.