Du 11 au 12 mai 2026, Nairobi vibrera au rythme du sommet Africa Forward, co-organisé par le Kenya et la France. L’événement signe la refondation des relations franco-africaines. L’objectif étant de mettre en place des partenariats équilibrés, dopés à l’innovation et à la croissance. Ainsi plusieurs représentants d’États, entreprises, jeunes talents, artistes, société civile et diasporas se mobilisent pour catalyser les investissements et contrer les urgences partagées de la santé à la souveraineté alimentaire, en passant par le numérique, l’énergie et la connectivité.
Le 11 mai, l’Université de Nairobi mettra la jeunesse et les secteurs stars (sport, industries culturelles et créatives) sous les feux des projecteurs. Côté business, un forum majeur piloté par BPI France, Business France et Proparco ( filiale de l’AFD) réunira 4 500 dirigeants, dont 50 PDG prêts à lancer une coalition choc pour l’industrialisation durable et la transition énergétique.
Le 12, les poids lourds entrent en scène : présidents français et kényan, homologues africains, ONU, Banque africaine de développement seront également présents. Au menu : financement du développement, paix et sécurité, industrialisation durable et transition énergétique.
Ce sommet acte un choix stratégique Après près de dix ans sans rencontre France-Afrique de cette envergure, Paris choisit cette fois Nairobi, en territoire anglophone, pour élargir son approche du continent au-delà du seul espace francophone.
Le symbole est fort. En s’installant à Nairobi, hub régional de l’Afrique de l’Est et place forte des dynamiques anglophones, la France affiche sa volonté de parler à l’Afrique dans sa diversité économique et géopolitique, plutôt que de rester cantonnée à ses anciens réflexes.
Selon une source de l’Élysée, l’intérêt est celui « d’exprimer la vitalité du lien économique”. En d’autres termes, faire de ce rendez-vous un lieu de contacts directs, de signatures et d’annonces d’investissements. L’objectif est clair : produire des résultats visibles, sur place, et pas seulement des déclarations d’intention.
« L’enjeu est de créer de la valeur sur place, d’accompagner la transformation économique et de générer de l’emploi « , résume une source de l’Élysée, à l’occasion d’une plateforme ayant réuni un large éventail de journalistes venus des quatre coins de l’Afrique, de la Tunisie au Maroc, en passant par Kinshasa et bien d’autres capitales.
La présence tunisienne est au rendez-vous
Quant à la présence tunisienne, elle est fortement représentée par une délégation tunisienne du haut niveau qui sera accompagnée par une vingtaine d’entreprises ainsi que six start ups qui prendront par à cet événement. Membre de la ZLECAf et du COMESA, ancrée dans l’UE par son accord d’association, aujourd’hui, la Tunisie vise les marchés continentaux et les 1 500 décideurs attendus à Nairobi.
Pour la Tunisie, l’enjeu est important : ce rendez vous incontournable a pour objectif de nouer des partenariats concrets et de mieux s’insérer dans les dynamiques économiques africaines
Lire aussi: Cynthia Gnassingbé-Essonam : « La ZLECAf, unique chance pour bâtir le marché africain du futur »
Lire aussi: Hafedh Ben Afia : « Nous sommes tous engagés pour une Afrique forte, indépendante et prospère »
Côté humain, la diaspora fait le lien : près d’un million de Français ont des racines tunisiennes, sur 7 millions liés au continent. Mobilités, projets et affinités boostent les échanges.
Les chiffres qui comptent
La France, 4e investisseur africain, pèse 52 milliards d’euros d’IDE (dont 3 milliards d’euros en Tunisie), 65 milliards d’échanges (9 milliards d’euros avec la Tunis) et 500 000 emplois créés (70 000 en Tunisie).
Reste à savoir quelle place occupera la Tunisie lors du sommet « Africa Forward », dans les partenariats entre les pays africains et la France pour l’innovation et la croissance. Une chose est sûre : c’est une aubaine pour la Tunisie, qui peut capitaliser sur ses atouts en énergies renouvelables et en numérique pour rayonner sur le continent africain. Tout le monde le sait : selon les projections de l’ONU, l’Afrique pourrait compter environ 2,5 milliards d’habitants en 2050, et jusqu’à 4,4 milliards en 2100. L’avenir, serait probablement l’Afrique.
L’événement est pensé comme un sommet très opérationnel, centré sur les affaires, avec un forum privé le premier jour, puis une séquence politique le second jour, afin de favoriser la signature de contrats, l’annonce d’investissements et la structuration de partenariats.
Le message central est un changement de paradigme : il ne s’agit plus seulement de commercer avec l’Afrique, mais surtout d’investir sur place, de développer des chaînes de valeur locales, de soutenir l’emploi et de renforcer la co-industrialisation.
Faire des investissements un levier de développement
Au centre des débats, une question décisive : comment financer les économies africaines à la hauteur de leurs besoins ? Le sommet doit précisément ouvrir la discussion sur la mobilisation des capitaux, avec un mot d’ordre devenu central dans les cercles financiers : le » De-risking » des investissements, et plusieurs secteurs stratégiques comme l’énergie, le numérique, l’agriculture, la santé, l’économie bleue, le spatial et les industries créatives.
L’idée est de mieux coordonner les banques multilatérales, les institutions régionales et le secteur privé pour lever les blocages qui freinent encore le financement des projets. Car sur le continent, le problème n’est plus seulement l’ambition des projets : c’est leur bancabilité.
Pour la source l’Élysée, il faut “ mieux structurer les investissements et faciliter leur déploiement”.
La conviction affichée est enfin sans détour : la dynamique économique africaine ne se jouera pas uniquement avec les grands groupes, mais aussi avec la capacité des entrepreneurs à faire émerger des économies solides, durables et créatrices d’emplois.
Enfin, ce sommet s’inscrit dans une séquence plus large avant le G7 accueilli par la France, avec l’idée de porter les priorités africaines dans les grandes discussions économiques mondiales.