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Les prix des moutons destinés à l’Aïd al-Adha atteignent des niveaux particulièrement élevés sur les marchés tunisiens. Puisqu’ils oscillent actuellement entre 800 et plus de 1 500 dinars. C’est ce que relève Lotfi Riahi, président de l’Organisation tunisienne d’orientation du consommateur (OTOC), dans une déclaration exclusive à L’Économiste Maghrébin.
Il explique que les commerçants indexent désormais les prix des moutons sur celui du kilogramme de viande rouge chez les bouchers, qui varie entre 50 et 55 dinars. Une pratique favorisée, précise-t-il, par la forte emprise des intermédiaires sur la chaîne de distribution, alimentant directement la flambée des prix.
Lotfi Riahi impute également cette situation au ministère de l’Agriculture, évoquant une crise devenue structurelle et récurrente. Il appelle à une réforme en profondeur du secteur, notamment à travers la mise en place d’un système de régulation des prix dès la phase de production, incluant la fixation du prix du kilogramme de viande sur pied.
Parmi les mesures proposées figurent également l’établissement d’un recensement précis du cheptel national en nombre, en races et en âges; ainsi que l’importation de femelles reproductrices. Il insiste aussi sur la nécessité de réglementer les opérations d’abattage afin de préserver les femelles, indispensables au renouvellement du cheptel.
M. Riahi estime, en outre, que ces réformes pourraient s’appuyer sur une application intelligente, à l’ère de l’IA, permettant d’améliorer la transparence du secteur. Un tel dispositif offrirait une meilleure visibilité sur la capacité de la Tunisie à atteindre l’autosuffisance en ovins. Tout en clarifiant les coûts réels de la viande rouge, dans un contexte marqué par la hausse des prix des aliments pour bétail.
Selon lui, la mise en œuvre de ces mesures permettrait d’identifier avec précision les coûts réels et de mieux encadrer les marges à chaque étape de la chaîne, du producteur au détaillant.