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Leconomiste Maghrebin > Blog > Idées > Analyses > Achat d’avions de combat russes : Alger sous la menace de sanctions américaines
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Achat d’avions de combat russes : Alger sous la menace de sanctions américaines

Béchir Lakani
2026/02/05 at 11:37 AM
par Béchir Lakani 6 Min Lecture
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Algérie
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Washington pourrait imposer des sanctions à l’Algérie en raison de l’acquisition par le pays de plusieurs avions de combat de fabrication russe; notamment des chasseurs de 5ᵉ génération Su-57 E et d’autres appareils avancés. Explications.

Dans les couloirs feutrés du Sénat américain, l’avertissement est clair et sans détour : l’achat d’armement russe par l’Algérie pourrait déclencher des représailles américaines; et ce, en vertu des dispositions de la loi CAATSA.

Contents
Washington pourrait imposer des sanctions à l’Algérie en raison de l’acquisition par le pays de plusieurs avions de combat de fabrication russe; notamment des chasseurs de 5ᵉ génération Su-57 E et d’autres appareils avancés. Explications.Une loi scélérateGuerre de furtivitéEnjeux géostratégiques

Ainsi, lors d’une audition consacrée à la lutte anti-terroriste en Afrique du Nord et les efforts « visant à préserver les intérêts américains dans la région »- laquelle s’est tenue mardi 3 février 2026 devant la commission des Affaires étrangères du Sénat américain- Robert Palladino, chef du Bureau des Affaires du Proche-Orient au Département d’État, a indiqué que les informations faisant état de l’acquisition par Alger de chasseurs russes « étaient bien connues des autorités américaines »,  qu’elles « suscitaient des préoccupations » et que ce type d’acquisition « pourrait déclencher une procédure de sanctions ». Lesquelles ?

« C’est un exemple de situation où les États-Unis auraient un problème », a-t-il ajouté. Tout en précisant que Washington usera de son influence, « souvent en privé », pour tenter de stopper ces acquisitions jugées « inacceptables ». De quoi s’agit-il ?

Une loi scélérate

En effet, le responsable américain a brandi l’arme fatale de la loi Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act (CAATSA).A savoir : un cadre juridique ad hoc qui permet « de sanctionner des transactions militaires jugées significatives avec la Russie ».

A noter que cette loi fédérale- dont la cible principale est l’Iran, la Russie et la Corée du Nord- fut adoptée par le Congrès des Etats-Unis le 2 août 2017. Elle permet à l’administration américaine d’imposer des sanctions économiques et financières contre des pays qui réalisent des transactions considérées comme « sensibles », notamment dans les secteurs de la défense ou du renseignement. Pis : cette loi prévoit également des mesures telles que le gel d’avoirs, les interdictions de transactions ainsi que et les restrictions financières, afin de limiter le soutien matériel à ces secteurs stratégiques.

Soulignons que cette stratégie n’est pas une première : Washington l’a déjà utilisée contre Ankara pour l’achat de systèmes russes S-400; ainsi que contre d’autres pays pour leurs liens militaires ou énergétiques avec Moscou.

Toutefois, cette loi est considérée par plusieurs pays et acteurs internationaux comme une loi scélérate. Car elle abuse de l’extraterritorialité, impacte la souveraineté économique de pays tiers et contrevient au droit international.

Guerre de furtivité

Mais rappelons l’origine des tensions entre Washington et Alger. En février 2025, l’Algérie- qui dépend de l’industrie russe pour l’essentiel de ses équipements militaires, tels que les Su-30, MiG-29 ou systèmes de défense antiaérienne S-300/400- avait confirmé l’acquisition de chasseurs russes Su-57E. Il s’agit d’un avion de combat polyvalent furtif de cinquième génération qui se distingue notamment par son important camouflage face aux radars et aux systèmes optiques et infrarouges. Tout en laissant le pilote se concentrer sur l’accomplissement de missions tactiques.

Or, pour les États-Unis, il ne s’agit pas seulement d’un contrat entre deux armées; mais plutôt un signal politique et stratégique dans un contexte de rivalité globale avec la Russie. L’Algérie devenant ainsi le premier pays à se doter de ce modèle d’avion de chasse, le seul concurrent sérieux du mythique F 35 américain.

Enjeux géostratégiques

Notons qu’à Alger, les pressions américaines sont perçues comme une ingérence dans les affaires internes. Surtout dans un contexte où le pays cherche à équilibrer les influences extérieures entre grandes puissances. En mettant l’accent sur la souveraineté nationale en matière de défense, les autorités algériennes défendent leurs choix d’achat comme étant dictés par leurs besoins sécuritaires propres. Avec notamment la modernisation des forces armées et la capacité de dissuasion régionale; plutôt que par des alliances politiques.

Au final, ce choix reflète la volonté d’Alger de préserver sa souveraineté stratégique, tout en naviguant entre les grandes puissances, dans un environnement géopolitique de plus en plus complexe. Selon les experts militaires, l’achat d’avions de combat furtifs russes par l’Algérie constitue une décision stratégique lourde de conséquences : modernisation des capacités militaires; tensions potentielles avec les États-Unis sous la loi CAATSA; et contributions à un rééquilibrage des forces dans la région maghrébine.

Le tout dans un contexte d’escalade aérienne en Afrique du Nord, où le voisin marocain s’est engagé à son tour dans un plan d’acquisition de F-16 américains. Il s’en suit  une confrontation technologique qui positionne les deux armées de l’air rivales dans une logique de surenchère permanente pour la suprématie aérienne au Maghreb. Une course aux armements qui prend ses racines dans le conflit autour du Sahara occidental avec comme toile de fonds l’axe Alger-Moscou vs l’alliance contre nature entre Rabat, Washington et Tel-Aviv.

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MARQUÉE: Algérie, avions russes, CAATSA, Etats-Unis
Béchir Lakani 5 février 2026
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