Banques : comment séparer le bon grain de l’ivraie?

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La majorité des entreprises se plaignent des banques. Ces dernières sont plus que jamais regardées d’un mauvais œil. Accusées de ne pas apporter le soutien suffisant pour aider les entités économiques à repartir après la crise sanitaire. De leur côté, les établissements de crédits se défendent et avancent le chiffre de prêts supplémentaires de plus de cinq milliards de dinars dans une année exceptionnelle. Ce chiffre vient d’être confirmé par les dernières statistiques de la BCT qui montrent que l’encours net des crédits accordés aux professionnels a progressé de 5 043 MTND.

Mais au-delà des chiffres, la réalité se situe au juste milieu concernant les banques. La COVID-19 a créé un défi même pour les analystes de crédit les plus chevronnés. La profondeur de la récession est sans précédent et les spécialistes se sont heurtés à un contexte inédit. Non seulement les problèmes de valorisation liées aux risques de crédit doivent être examinés; mais le fonctionnement des chaînes d’approvisionnement doit être analysé à la loupe. En même temps, la réponse du gouvernement était sous la forme d’un effort important. Apportant une certaine stabilité qui a fini par compliquer la tâche des analystes.

Territoire inconnu

Il convient de rappeler comment l’évolution de la crise des coronavirus a impacté les entreprises. Au début, le point focal était sur les besoins de liquidité et de refinancement à court terme. De nombreuses entreprises de bonne qualité ont bénéficié de crédits sur une période allant jusqu’à sept ans à dépenser à court terme et des garanties de l’Etat. Entraînant ainsi un allongement global des profils de maturité de la dette.

Ce soutien peut être inclus dans l’analyse de crédit d’une entreprise considérée comme stratégique (peut-être du point de vue de la technologie ou de la sécurité nationale), ou d’une importance nationale significative; par exemple en tant qu’employeur clé.

D’un autre côté, nous avons vu des exemples de grandes entreprises en difficulté financière qui ne parviennent pas à obtenir le soutien recherché. Parce que leur importance nationale est jugée moins urgente ou que leurs perspectives sont peu positives.

Maintenant que les décisions de soutien ont été prolongées jusqu’à 2021, la décision d’octroi d’un crédit est encore plus compliquée. L’analyste doit trouver une réponse à deux principales questions. La première étant: comment les effets de cette situation vont se concrétiser à long terme? Et la seconde: quelle est la capacité de l’entreprise à se débrouiller seule une fois que les problèmes de liquidité urgents ont été résolus? Les outils classiques d’observation des bénéfices, des flux de trésorerie et de l’effet de levier ne sont plus suffisants.

Approche sectorielle

En fait, il est clair que la reprise sera marquée par des poches de force et de faiblesse. Les analystes de crédit doivent suivre de près les considérations sectorielles à mesure que des courbes de reprise de la demande distinctes émergeront. Non seulement différentes industries connaîtront des schémas de croissance divergents; mais il y aura probablement des différences importantes au sein des secteurs.

C’est un moment d’adaptabilité dans l’analyse de crédit. Il faut un effort des banques en matière de recherches sur la nature distinctive de cette crise et de ses conséquences. Ce qui leur permettra de continuer à fournir des idées à valeur ajoutée pour des opportunités d’investissement durable aux investisseurs.

Malgré de nombreux défis, une chose est certaine: cette crise en cours a offert de nouvelles possibilités d’investissement attrayantes dans des entreprises de haute qualité.

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