Critiqué et décrié depuis 2011, le Code des changes demeure problématique. La BCT et l’ARP ont souligné à plusieurs reprises la nécessité de l’amender en profondeur. Car il est devenu « obsolète » aux yeux de nombreux économistes, chefs d’entreprise et financiers.
Cependant, depuis cette date, le pouvoir législatif n’a pas adopté de nouveau texte. Celui-ci devrait répondre en profondeur aux nouvelles exigences du monde de l’entreprise. Qu’on en juge : l’ARP a tenu une séance plénière le 18 avril 2026 pour évoquer le sujet. Mais tout d’abord, il convient de souligner que…
Le Code des changes est perçu comme un frein à la compétitivité économique. Il nuit aussi à l’attractivité du pays. Jugé obsolète, rigide et inadapté, il est régulièrement pointé du doigt par les experts. Ces derniers appellent à une réforme en profondeur. Objectif : libérer l’investissement et faciliter les échanges internationaux.
Une logique héritée de 1976
Adopté en 1976, ce code repose sur une logique de contrôle strict. Celle-ci est héritée d’une économie administrée. Malgré quelques ajustements, il reste en décalage avec les exigences actuelles. En effet, l’économie est désormais ouverte, marquée par la digitalisation et la mobilité des capitaux. Cette obsolescence structurelle limite la capacité de la Tunisie. Le pays peine à s’intégrer pleinement dans les circuits économiques internationaux.
Le dispositif est critiqué pour sa complexité. Ses délais sont jugés excessifs. De nombreuses opérations en devises nécessitent des autorisations préalables. Elles sont souvent longues à obtenir auprès des autorités compétentes, notamment de la Banque centrale. Cette bureaucratie ralentit les transactions. Elle complique la gestion des entreprises. Elle constitue un obstacle pour les investisseurs étrangers.
Un caractère restrictif majeur
Le caractère restrictif du Code des changes constitue un autre point de blocage majeur. Faut-il encore rappeler que le dinar tunisien n’est pas convertible ? L’accès aux devises reste donc encadré. Cela complique les opérations internationales. Qu’il s’agisse d’investissements à l’étranger, de paiements ou de transferts; les entreprises subissent des contraintes opérationnelles importantes. C’est notamment le cas pour la gestion des comptes en devises. Cela limite leur développement à l’international.
Enfin, plusieurs analyses soulignent un effet pervers. Ces restrictions favorisent indirectement le recours au marché parallèle des devises. L’accès officiel étant difficile, le système encourage les circuits informels. Ces circuits échappent au contrôle de l’État. Par ailleurs, le code peine à intégrer les nouvelles réalités économiques. Et notamment, il ignore les usages numériques et les nouveaux outils financiers. Cela accentue le décalage avec les pratiques contemporaines.