« C » comme… angoisse

confinement angoisse

Tous aux abris, quitter la rue pour rester chez soi. « Lockdown until further notice » dans la langue de Shakespeare : confinement jusqu’à nouvel ordre…

« Vaut mieux tard que jamais »: c’est sans doute ce qu’a dit, un Donald Trump presque résigné, à propos du confinement. N’empêche l’irrévérencieux locataire de la Maison blanche qui avait sûrement les élections dans la tête, se veut persistant et se permet de signer : il n’y a pas mieux que l’économie pour booster l’ardeur des gens a-t-il lancé avec aplomb. Et il a raison l’auteur de « America first« . Sauf que son argumentaire vire à l’indécent quand il nous dit en filigrane que les affaires ont plus d’importance à ses yeux que la vie. Ses compatriotes eux, se ruent déjà sur les armes à feu…quand le mot angoisse rime avec placards et frigos pleins à craquer.

Je ne veux pas dire du mal de tous ces pauvres gens accourus en masse devant les bureaux de postes pour recevoir l’obole de cinquante dinars promise par le gouvernement Fakhfakh. Et ce, dans une indescriptible confusion. Je te bouscule, tu me bouscules, nous nous bousculons, et bonjour la contagion.

Mais que faire devant la détresse ?

Aux affaires sociales, on a pourtant spécifié qu’il était inutile de se présenter devant les guichets, et d’attendre fin mars ; que nenni, rien à faire devant l’odeur de l’argent, même si c’est trois fois rien.

Cinquante dinars, deux cent dinars, il suffit de montrer carte ou carnet d’un paumé. Mais que faire quand on ne peut plus travailler pour vivre ?

Alignez-vous yarhamkoum Allah…chez le bon peuple, cultivé ou ignare, riche ou pauvre, la retenue ne compte pas au nombre des vertus. Alors, on cède à la panique et on rue sur les rayons pour remplir à craquer placards et frigos.

Reste cette interrogation : est-il possible de gérer démocratiquement une crise sans précédent par son ampleur et sa vitesse de progression ?

Dés que M.Fakhfakh a ouvert la bouche pour parler d’ordonnance afin de légiférer dans l’urgence, à l’ARP, on est vite monté au créneau toutes griffes dehors pour dire non au retour de la dictature !

L’ancien régime chevillé au corps. Les semeurs de mort ont trouvé l’astuce pour diaboliser, insulter, justifier toutes les exclusions, et trouver le moyen d’échapper à une justice condescendante.

Cela dit, pas question de succomber aux plaisirs de la chair en ces temps de confinement ; prévoyant, s’abstenir.

Et puis, rien que d’imaginer la situation dans les prisons du pays…je ne vois vraiment pas comment garder la distance et se laver intensément les mains.

Rentrer au bled, nombre de Tunisiens à l’étranger ne pensent qu’à ça, je les comprends : difficile de rester enfermé loin du pays, loin des siens. Mais quand je vois la pagaille qui s’en est suivie, je me dis voilà une chronique d’un désastre bien annoncé.

Très pesant le khalik bil beit (Restez chez vous), il va falloir s’y résoudre cette fois-ci, et pour de bon ; de force, car on n’en est plus au stade du gré. Surtout, pas question de flipper et rester zen. Pour le reste, bon confinement.

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