PLF 2020: mesures urgentes pour faire sortir la Tunisie de la crise

PLF 2020

Le projet de la loi de finances 2020 (PLF 2020) tel que présenté est dénué de tout esprit réformateur et de vision stratégique.

La fiscalité tunisienne cible encore les contribuables et les sociétés légales. Au lieu d’étendre la base du réseau fiscal à ceux qui se situent en dehors des toutes autorités de l’État. Dans le PLF 2020, on trouve encore des mesures qui manquent d’équité, de simplicité et de stabilité.

Cette fiscalité changeante fait fuir les investisseurs qui ne savent plus à quoi s’en tenir. Mais certaines dispositions du PLF 2020 ne répondent pas aux attentes des contribuables et du peuple. Ce projet ne doit pas être voté comme tel.

Les mesures à prendre urgemment

  • Redressement de la situation de la Compagnie de phosphate de Gafsa (CPG) et retour à la production

Etat, patronat, syndicats et société civile doivent s’engager pour trouver une issue à cette crise. Cela passe en premier lieu par un dialogue socio-économique responsable autour de la vision stratégique de la compagnie et du plan d’action y afférent. Et ce, en fixant des objectifs réalistes et chiffrés et des mécanismes de mise en œuvre adéquats. A noter que la CPG souffre, depuis 2011, de la baisse de production due aux mouvements sociaux et à la vétusté des équipements.

  • Rétablir les équilibres macroéconomiques en diminuant le déficit commercial et la dépréciation conséquente du dinar :

il faut stopper toute forme d’importations anarchiques et de délivrance des franchises. Et relancer l’export surtout dans les secteurs porteurs tels que l’agriculture et les énergies renouvelables

  • La lutte contre la spéculation et la contrebande :

Pour ce qui est de l’économie informelle, l’Etat doit engager une stratégie complète de lutte contre la corruption, le financement des transactions illicites et de blanchiment d’argent. Il faut appliquer, avec plus de fermeté, la loi sur la déclaration de patrimoine et la lutte contre l’enrichissement illicite et les conflits d’intérêts dans le secteur public, surtout à l’encontre des contrebandiers et des évadés fiscaux qui circulent au vu et au su de tous. Ils continuent d’exercer leurs activités en toute impunité et accumulent des richesses immobilières et de cash considérables.

  • Place aux compétences :

Il faut miser sur les compétences dans chaque secteur et instaurer une bonne gouvernance au sein du nouveau gouvernement pour ne pas encore faire subir à notre pays des pertes comme celles causées par le gouvernement actuel. Rappelons à ce titre le record dans le domaine de la récolte céréalière. Mais devant l’incapacité de protéger et de stocker les récoltes de blé du pays, l’Agence nationale des céréales en Tunisie a lancé dernièrement un appel d’offres international pour l’achat de blé tendre pour combler les dommages causés. Ces options de mauvaise gestion ne doivent plus se répéter.

  • Le contrôle des circuits de distribution et de production:

Il est indispensable de renforcer le dispositif de contrôle des prix chez les vendeurs et les revendeurs et donner plus de pouvoir de sanction aux administrations compétentes.

En effet, les partis politiques doivent se mettre d’accord et former le gouvernement rapidement. Et ce, au lieu de se plaire dans les palabres politiques stériles et sans intérêt pour la majorité de la population et surtout pour nos jeunes et nos acteurs économiques.

Opinion de Amine BEN GAMRA, Expert-Comptable, Commissaire Aux Comptes et Membre de l’Ordre des Experts-Comptable de Tunisie.

N.B : les avis exprimés dans cet article sont ceux de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement ceux de ce site.

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