L’Union européenne à l’épreuve électorale

élections européennes L'Economiste Maghrébin

Les élections européennes se sont déroulées au Royaume-Uni et aux Pays-Bas le 23 mai et dans les autres pays, le 26 mai 2019.

Ces élections devaient faire face au défi des eurosceptiques, qui font valoir la nécessité de restaurer le pouvoir national.

Le référendum du Royaume-Uni, qui a opté pour le Brexit, confirme cette vision, partagée partout ailleurs, par les mouvements d’extrême droite et parfois d’extrême gauche.

Ne perdons pas de vue que l’Europe vit de nombreuses tensions entre pays du Nord et du Sud, pays de l’Est et de l’Ouest. Sa crise originelle est aggravée par la perception subjective de l’émigration et la montée des populismes.

Le couple franco-allemand, à l’avant-garde, parviendra-t-il à éviter une fracture définitive avec les pays de l’Est, désormais si méfiants à l’égard des valeurs occidentales ?

Les forces eurosceptiques et populistes sont en hausse

Résultats des élections européennes : les partis pro-européens sont parvenus difficilement à contenir la poussée des eurosceptiques. Mais aucune des grandes formations europhiles ne peut revendiquer une victoire.

En France, le Rassemblement national arrive en tête avec 23,4 % des voix. En Italie, la Ligue du Nord de Matteo Salvini devance largement les autres listes avec 33,6 % des voix. Au Royaume-Uni, le Parti du Brexit de Nigel Farage recueille 31,7 % des suffrages. En Hongrie, le parti souverainiste Fidesz du Hongrois Viktor Orban est crédité d’une victoire écrasante avec 56 % des voix.

En effet, le débat sur la pertinence de l’Union européenne est désormais préoccupant. Les europhiles font valoir comme avantage le renforcement du poids économique et monétaire de l’Europe dans le monde. L’UE serait la réponse aux nouveaux défis mondiaux (défis industriels et technologiques des US et du Japon), dans le cadre de l’indépendance économique et monétaire.

Par contre, les eurosceptiques mettent l’accent sur la nécessité de restaurer le pouvoir national. Michel Onfray, par exemple, estime que « le gouvernement français n’est plus que la caisse de résonance du Conseil européen. Le chef de l’Etat passe ses journées à signer les parapheurs que Bruxelles lui envoie. Et le reste du temps, il inaugure les chrysanthèmes et parle aux journalistes marchands » (Michel Onfray, La cour des miracles,  Flammarion 2017, p. 118).

Des penseurs et politologues esquissent des projets

Prenant acte de la remise en question de la gouvernance de l’Union européenne et de l’épreuve du Brexit, des penseurs et politologues esquissent des projets.

Ivan Krastev, l’un des meilleurs spécialistes du monde postsoviétique et des questions européennes, s’interroge : « Quel nouveau destin pour l’Europe ? L’Europe est plus que jamais à la croisée des chemins. Va-t-elle rebondir sous l’impulsion d’un couple franco-allemand à l’alliance refondée ? Ou s’effondrer sous l’effet de la crise migratoire et de la montée des populismes ?  (Ivan Krastev, Le Destin de l’Europe. Une sensation de déjà-vu, traduit de l’anglais par Frédéric Joly, éditions Premier Parallèle, 2017).

Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de gauche, estime que « le Brexit doit donner une deuxième chance à l’idée européenne. Celle d’une refondation démocratique, qui articulerait la démocratie qui vit dans les nations avec une démocratie européenne, qui reste à définir”. Il propose « la réunion d’une conférence, chargée de redéfinir les institutions européennes« .

Pierre Verluise, docteur en géopolitique à la Sorbonne, redéfinit les enjeux des élections européennes. “Il faudrait, dit-il, faire de l’Union européenne un élément pour protéger les Européens. C’est une évidence, dit-il que les Européens ont besoin d’être protégés de la mondialisation. Il estime que « les USA sont un allié de plus en plus incertain…il y a un moment où il faut comprendre que le monde est violent « .

Peut-être faudrait-il accompagner le sursaut de souveraineté par une révision du périmètre de l’aire de l’alliance. Ne faudrait-il pas plutôt promouvoir le partenariat euro-méditerranéen ? transgresser les relations centre-périphérie postcolonial, que les accords de voisinage sauvegardent et établir des relations de solidarité et de codéveloppement « gagnant/gagnant ».

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