Pour un travail décent au centre des politiques économiques et sociales

travail décent - l'économiste maghrébin

La commission mondiale sur l’avenir du travail relevant de l’Organisation internationale du travail (OIT) a publié un rapport intitulé « Travailler pour bâtir un monde meilleur », hier 22 janvier. Le travail décent demeure toujours au centre des activités de l’OIT.  

Dans ce rapport la commission propose « un programme d’action centré sur l’humain pour l’avenir du travail qui renforce le contrat social en plaçant les hommes et les femmes et le travail qu’ils accomplissent au centre de la politique économique et sociale et des pratiques des entreprises ».

Il s’agit de trois axes. Le premier axe porte sur le fait d’accroître l’investissement dans le potentiel humain. Ainsi, la commission propose de dépasser la notion du capital humain pour englober les dimensions plus larges de développement et de progrès du niveau de vie, notamment les droits et un environnement qui permettent d’élargir les perspectives des individus et d’améliorer leur bien-être. D’après le rapport cela est possible à travers plusieurs étapes.

Comment renforcer le capital humain dans ses multiples dimensions ?

Un droit universel à l’apprentissage tout au long de la vie qui donne la possibilité d’acquérir des compétences, de les actualiser et de se perfectionner s’impose d’après le rapport. En effet, la commission recommande et mise sur l’apprentissage tout au long de la vie. Cela  comprend l’apprentissage formel et informel, depuis la petite enfance et l’éducation de base jusqu’à l’éducation et la formation des adultes.

Par ailleurs, les auteurs du rapport recommandent d’accroître les investissements dans les institutions, politiques et stratégies qui accompagneront les individus durant les phases de transition du monde du travail. Le rapport indique que les jeunes auront besoin d’aide pour affronter la transition de plus en plus difficile entre l’école et le travail. Sur un autre volet, les travailleurs âgés auront besoin de choix plus larges qui leur permettent de rester économiquement actifs aussi longtemps qu’ils le souhaitent et qui créeront une société active tout au long de la vie.

En outre, le rapport recommande la mise en oeuvre d’un programme de transformation assorti d’objectifs mesurables en matière d’égalité des genres. Pour la commission, le monde du travail commence à la maison. « Du congé parental à l’investissement dans les services publics de soins, les politiques doivent favoriser le partage des activités de soins non rémunérées au sein du foyer pour créer une réelle égalité de chances sur le lieu de travail ». Renforcer le rôle et la voix des femmes, éliminer la violence et le harcèlement au travail, et mettre en œuvre des politiques de transparence salariale sont des conditions préalables à l’égalité des genres soit, entre autres, des choix essentiels.

« Assurer une protection sociale universelle de la naissance à la vieillesse », voici une autre recommandation qui cible le monde du travail et le lendemain des travailleurs. « L’avenir du travail exige un système de protection sociale solide et réactif, fondé sur les principes de solidarité et de partage des risques, qui réponde aux besoins des personnes tout au long de leur vie », lit-on dans le rapport.

Pour des institutions de travail dignes de son nom

Le deuxième axe recommande d’accroître l’investissement dans les institutions du travail. La commission recommande de renforcer et de dynamiser les institutions du travail. Cela peut se faire à travers « des réglementations et contrats de travail aux conventions collectives et aux systèmes d’inspection du travail : autant d’institutions qui sont les éléments constitutifs de sociétés justes ». Cela va contribuer à ouvrir « la voie à la formalisation, réduire la pauvreté des travailleurs et assurer un avenir du travail fondé sur la dignité, la sécurité économique et l’égalité ».

Sur un autre volet, elle recommande d’établir une garantie universelle pour les travailleurs. Selon la Constitution de l’OIT (1919), tous les travailleurs, quel que soit leur régime contractuel, devraient jouir des droits fondamentaux, d’un salaire assurant des conditions d’existence convenables, de la limitation du temps de travail, de la protection de la sécurité et de la santé au travail.

Le temps passé au travail est un autre facteur important pour les travailleurs. Pour cette raison, la commission recommande de « renforcer la maîtrise du temps. Les travailleurs ont besoin d’une plus grande autonomie s’agissant de leur temps de travail, tout en répondant aux besoins des entreprises ».  A cet égard, la commission propose de recourir à la technologie pour élargir les choix et atteindre un équilibre entre le travail et la vie personnelle. Ainsi la technologie doit être utilisée pour la mise au service du travail décent.

Le troisième axe majeur est d’accroître l’investissement dans le travail décent et durable. En effet, la commission recommande des investissements transformatifs, conformément au Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies. De même, il faut inciter à promouvoir des investissements dans des domaines clés pour un travail décent et durable. De tels investissements feront également progresser l’égalité des genres et peuvent créer des millions d’emplois et ouvrir des perspectives pour les micro, petites et moyennes entreprises, indique le rapport.

 

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