Boutheina Ben Yaghlane : la CDC tire sa force de son modèle unique

CDC

La femme qu’il faut à la place qu’il faut. Boutheina Ben Yaghlane, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, ne déroge pas à cette règle à quelque niveau de responsabilité où elle se trouve.

Elle est aussi à l’aise dans un amphi face à ses étudiants, dans les officines gou­vernementales ou à la tête d’entreprise publique et quelle entreprise, la CDC, bras financier de l’Etat s’il en est.

Affable, disponible, pédagogue à souhait et brillante oratrice, cette passionnée d’action et de réussite sait écouter, par­tager, conseiller, associer, entraîner et fédérer collaborateurs et partenaires. Elle a un net penchant pour ce qu’elle qualifie de management participatif dont elle égrène les vertus. Elle sait qu’elle peut aller vite toute seule, mais elle préfère aller le plus loin possible avec le groupe, le collectif. Elle y va d’ailleurs de ce pas assuré en gardant le cap et dans le respect scrupuleux de sa feuille de route. Pas n’importe comment, pas à n’importe quel prix. Rationalité et effi­cacité obligent. Rien ne l’afflige et ne la révolte autant que le gaspillage de moyens et de temps. Illustration.

I/ Intervention de la CDC

Qu’est-ce que la CDC ? D’où proviennent ses fonds ? Comment et au profit de qui les utilise-t-elle ?

La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) est une institution publique, créée en 2011, pour appuyer les politiques de l’Etat. Elle se démarque par son modèle économique unique, son mode de gouvernance, sa doctrine d’investissement et sa politique de gestion des risques.

Appelée à sécuriser et fructifier plus de 5000 MDT d’épargne nationale et de consignations chez le Trésor Public et tout autre fonds mis à sa disposition, la CDC opère en tant qu’investisseur en capital sur le long terme. Elle appuie les grands projets à travers des participations directes dans leur capital mais aussi les PME/TPE à travers des participations indirectes via des fonds communs de placement à risque (FCPR) ou des lignes de financement sous gestion. La CDC contribue également à la dynamisation du marché financier à travers la participation aux fonds communs de placement (FCP), l’acquisition d’actions cotées et la souscription aux emprunts obligataires sur le marché primaire en plus d’autres mécanismes que propose le marché ou initiés par la Caisse.

D’existence récente, on peut imaginer que la CDC élabore et affine sa stratégie et son mode d’intervention au fur et à mesure qu’elle avance et qu’elle intervient dans l’économie. Qu’en est-il au juste ?

La Caisse des Dépôts et Consignations doit son existence à un objectif de booster l’investissement, l’un des principaux moteurs de la croissance économique. Consciente de cette responsabilité, la CDC a accepté le défi et a cherché depuis sa création à instaurer un mode de fonctionnement original pour assurer sa mission dans un cadre de vision globale, bien réfléchie et aiguillée principalement par sa doctrine d’investissement.

Lors de l’année 2017, la CDC a poursuivi sa démarche structurée en actualisant sa stratégie sur la période 2018 – 2020, tout en veillant à ce qu’elle soit en cohérence avec les orientations du pays consignées dans le Plan quinquennal 2016-2020. Ces axes stratégiques sont au nombre de cinq, à savoir :

  1. Porter les grands projets en mettant en exergue leur impact sociétal,
  2. Etre la locomotive pour la promotion des projets en partenariat public-privé (PPP),
  3. Soutenir les transitions majeures de la Tunisie, à savoir la transition énergétique et la transition numérique,
  4. Appuyer les PME porteuses de compétitivité et créatrices d’emplois durables,
  5. Etre l’acteur institutionnel de confiance pour apporter de la profondeur au marché financier.

L’objectif de la CDC sur les trois prochaines années est de se forger davantage l’image de l’Acteur Financier Institutionnel de référence pour porter les projets opérant dans le domaine de l’économie verte, l’économie numérique et ceux permettant un développement régional inclusif.

A combien s’élèvent les engagements de la CDC ?

Avec un total actif de 6423 millions de dinars, des capitaux propres positifs de 311,7 millions de dinars et un résultat net bénéficiaire de près de 55 millions de dinars fin 2017, la CDC a célébré ses six ans avec un bilan positif aussi bien sur le plan financier que sur le plan des réalisations. Ainsi, entre 2011 et 2017, l’effort d’investissement de la CDC s’est monté à près de 350 millions de dinars dans 18 projets, 13 fonds communs de placement à risque (FCPR) opérationnels, 8 FCP Actions, 11 entreprises cotées, en plus d’une contribution significative dans la dynamisation du marché Obligataire Tunisien dont la part de la CDC dépasse aujourd’hui les 12%.

Malgré un contexte économique difficile, la CDC a pu réaliser des leviers importants pour les investissements directs et indirects. En effet, forte par son orientation stratégique de soutien à l’innovation, la CDC a d’abord veillé à consolider les ressources des Technopôles∗. Son intervention a été faite moyennant le renforcement des fonds propres des sociétés de gestion du Pôle de Compétitivité de Sousse, rebaptisé le 19 avril 2018 en « Novation City », de la Biotech de Sidi Thabet, de la Technopole de Sfax, du CIT Médenine et de la Politech de Gabès.

La CDC a désormais repensé l’investissement dans une perspective de rapprochement des secteurs public et privé tout en donnant la priorité au développement régional. Je cite à titre d’exemples l’appui à l’initiative publique : SOMAPROC Sidi Bouzid, SODIT SICAR de Tataouine et SODIK SICAR de Kébili, et aussi plusieurs participations en appui à l’initiative privée : WIFAK Bank de Médenine, Zitouna Temkeen, MITIGAN, TEJRA de Zeramdine et Aguereb, Equipement Hydraulique, JINENE SA de Béja, SHHP de Korbous, AGORA dans les 24 régions, …

Cette volonté de la CDC d’être le promoteur du partenariat public privé (PPP) s’est confortée par l’adoption de la loi n°2015-49 du 27 novembre 2015 relative aux contrats PPP et la disposition de la CDC de participer dans des projets structurants tels que dernièrement l’accord de participation de la CDC dans la société du port en eaux profondes d’Enfidha.

Quels sont les secteurs éligibles aux interventions de la CDC ?

Quant aux secteurs, la Caisse a touché au départ à plusieurs secteurs (financier, industriel, tourisme, culturel, ..). Actuellement, elle a tendance à se focaliser sur des secteurs prioritaires qui s’inscrivent dans le cadre du Plan quinquennal de la Tunisie (2016-2020) et dans sa stratégie d’investissement comme l’économie verte et bas carbone, l’économie numérique, l’infrastructure, l’urbanisme, l’inclusion financière, le soutien de l’innovation, …

Qu’en est-il de la discrimination positive ?

La discrimination positive concerne les régions plutôt que les secteurs. La question de l’investissement dans les régions est une obligation que le texte de création impose à la Caisse. Ainsi et dès sa création, la CDC a lancé son premier fonds de développement régional de 100 millions de dinars (en 2 closings de 50 millions de dinars chacun), un autre fonds nommé CDC Croissance de 30 millions de dinars a vu le jour peu de temps après. Ces fonds sont confiés à la société de gestion CDC Gestion, le fait de l’avoir confié à notre propre société de gestion reflète l’importance qu’accorde la Caisse à son action sur le plan régional.

Par ailleurs, la CDC a prêté main-forte aux SICAR régionales pour soutenir les PME dans les zones intérieures. En effet, après une année et demie de la mise en place effective de la ligne SICAR régionales, 86% du montant alloué par le ministère des Finances aux SICAR a été consacré aux 34 projets approuvés par les comités d’investissements SICAR/CDC dans 10 gouvernorats.

Vous avez des participations dans plusieurs fonds, initiant ainsi un effet de levier, de concert avec des fonds. Elle est en quelque sorte un Fonds des fonds. Quel est votre bilan pour ce type d’activités ? Y a-t-il retour sur les investissements ?

La CDC est aujourd’hui un acteur central dans l’écosystème du capital investissement en Tunisie. Comme fonds assimilé à un fonds souverain doté de ressources (et/ ou capable de mobiliser des ressources) de financement sur le long terme, la CDC a soutenu le marché du Private Equity en appuyant l’effort de plusieurs équipes de gestion existantes et même à l’émergence de nouvelles équipes. Le dynamisme de ces équipes a permis de réaliser un levier de 20X grâce à l’intervention de la CDC dans 13 fonds communs de placement à risque (FCPR) généralistes (Max Espoir, Maxula Croissance Entreprise, Swing, Phenicia, Azimuts, Amen Capital 3), spécifiques (Tunisian Aquaculture Fund, Capitalease 2), bilatéraux (Theemar, Fonds de colocalisation Franco-Tunisien, AFRICAMEN) et dédiés au développement régional (FDR, CDC Croissance).

Plus d’une centaine de PME bénéficient d’une manière indirecte du financement de la CDC. En effet, appuyer les PME surtout les innovantes porteuses d’idées nouvelles, génératrices de valeur ajoutée et créatrices d’emplois via la contribution au financement des fonds d’investissement, la gestion des lignes mobilisées et la mise en place de programmes d’incubation et d’accompagnement et bien d’autres outils encore à développer corroborent une idée essentielle que la CDC promeut la promotion des PME et de l’innovation qui ne peut se faire qu’avec les contributions cumulées de plusieurs outils complémentaires et viables.

Actuellement, notre action est devenue plus ciblée et va de pair avec les objectifs inscrits au plan quinquennal, nous visons davantage les fonds spécialisés : d’infrastructure, d’énergies renouvelables, de startups et d’innovation …

Malgré le fait que c’est encore tôt de parler de retour sur investissement (minimum cinq ans), les premiers retours sur investissement commencent, en effet, à se manifester. Récemment, le fonds de colocalisation franco-tunisien, initié conjointement par la CDC et Bpifrance, a procédé à sa première sortie permettant au fonds de réaliser un multiple brut de x2,06 et un TRI brut de 44,4% sur 3 ans. Le soutien actif des gestionnaires du fonds (Siparex & AfricInvest) a permis de conduire des opérations de croissance chez les bénéficiaires de ce fonds.

Qu’en est-il de l’intervention de la CDC dans le marché financier ?

Consciente de l’importance et du potentiel du marché financier dans le financement des entreprises tunisiennes et de l’économie du pays de manière générale, ainsi que du rôle qu’elle devrait jouer, la CDC a mis en place une stratégie de placement qui consiste en une prise de participation dans les nouvelles créations de FCP actions.

La souscription à ce type de fonds se fait dans une proportion pouvant aller jusqu’à 25% de la taille du FCP et obéit à un ensemble de critères :

  • Taille du FCP : 5 Millions de dinars au minimum
  • Durée de vie : 5 ans minimum
  • Droit de sortie : Exigé afin de préserver la stabilité de l’actif du fonds
  • Politique d’investissement : Investir dans des valeurs qui réalisent la meilleure performance économique sur une longue période. La stratégie mise en œuvre est fondée sur :

– Un profil risqué modéré

– Une identification des entreprises à fort potentiel de croissance et de développement

– Une valorisation attrayante par rapport au marché.

Jusqu’au 31/12/2017, la CDC a promu et/ou participé à la levée de 8 fonds communs de placement (FCP) de catégorie « Actions » totalisant un montant de 23,2 MDT.

II Mode de gouvernance

Vous avez évoqué le fait que la CDC se démarque par son modèle économique unique et son mode de gouvernance, quels sont les spécificités de ce mode de gouvernance ?

La Caisse des Dépôts et Consignations tire sa force de son modèle unique, semblable à celui des autres caisses dans le monde, et se démarque par son mode de gouvernance soumis aux règles de gestion prudentielle lui conférant une transparence sans équivoque. Son organisation est caractérisée par la séparation entre les comités stratégiques et les comités exécutifs avec une Commission de Surveillance présidée par le ministre des Finances. Ses valeurs (Engagement, Confiance, Innovation) sont également source de cohésion sociale au sein de l’équipe.

La particularité de la CDC c’est d’être une institution légère (une quarantaine de collaborateurs), jeune (âge moyen 38 ans), avec une parité de genre presque parfaite (58% d’hommes, 42% de femmes et une Direction Générale -DG et DGA- 100% femmes), avec une importance donnée à la formation continue de tout le personnel. La CDC est une institution où tout simplement le capital humain est la vraie richesse…

Consciente que le capital humain est un atout déterminant pour le développement de toute institution, nous veillons à améliorer constamment la politique de sa gestion et de sa valorisation afin de garantir un meilleur épanouissement de nos collaborateurs. Pour ce faire, nous veillons au respect de quatre principes fondamentaux :

1. Favoriser la cohésion de l’équipe et renforcer le sentiment d’appartenance (des réunions de Team Building ont été instaurées depuis l’année dernière. D’ailleurs, le prochain Team building aura lieu début septembre 2018)

2 . Encourager la compétence et l’excellence (la formation du personnel selon un programme annuel établi et en parfaite adéquation avec les orientations stratégiques et les besoins de développement des activités de la CDC. Nous partons de l’idée selon laquelle nous avons tous besoin de nous améliorer, d’être coachés. Cela fait vraiment partie de la culture de la CDC.

3. Développer les carrières (quand nous pourvoyons à un poste, ce n’est pas juste pour l’occuper, c’est pour qu’il puisse construire sa carrière. On ne choisit pas qu’une expertise ou un savoir-faire, mais bien une personnalité qui s’épanouira chez nous).

4 . Instaurer le travail participatif favorisant un dialogue permanent entre les différentes équipes et un respect mutuel.

Vous êtes universitaire formée aux préceptes et aux rigueurs de la gestion que vous avez enseignés. Vous avez été aux responsabilités gouvernementales et vous présidez aujourd’hui aux destinées de la CDC. Quel est le fil conducteur dans tout cela ? Comment s’articule chez vous la chaîne de décision ?

Un élément essentiel du management de la Caisse repose sur une intelligence collaborative prônant le fait que personne ne prend de décision tout seul, mais toujours de façon collective. Nous avons aussi une forte culture d’empowerment. Nous confions les responsabilités à tous les niveaux, nous déléguons, nous faisons confiance, nous pensons que c’est un élément majeur de responsabilisation.

Par ailleurs et en ce qui me concerne, j’avais eu la chance de faire une grande partie de ma carrière, depuis 1993, en tant qu’universitaire à l’IHEC Carthage, spécialisée en Business Intelligence (Project Management, Aide à la décision, Réingénierie des processus d’affaires, …), ayant contribué en 2000 à la mise en place du Mastère Technologies d’Information et Commerce Electronique, ayant eu la responsabilité de diriger le Mastère en Ingénierie Entrepreneurial et ayant surtout oeuvré pour l’ouverture de l’Université sur son monde socio- économique. Ensuite, j’avais eu la chance de vivre de belles expériences instructives dans deux grands ministères (Grandes Ecoles) en une période post-révolution très délicate, en tant que Conseillère du Ministre du Développement Régional et Planification, Prof. Jameleddine Gharbi, en 2012 et en tant que Secrétaire d’Etat auprès du Ministre des Finances, Feu Slim Chaker, en 2015 afin de contribuer humblement au développement de mon pays. J’avais eu la chance de rencontrer des sommités, des promoteurs, des investisseurs, des acteurs financiers, des collaborateurs … J’avais une profonde admiration pour toutes les personnes avec qui j’ai travaillé et je continue à travailler. J’ai toujours fonctionné à l’admiration, mon principe c’est « d’aimer ce que vous faites ! ».

La CDC est-elle autonome en matière de prise de décision ?

De par son Décret-Loi de création, la CDC est une institution publique dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière. La CDC est une institution indépendante mais responsable. La plus haute instance décisionnelle de la Caisse c’est sa Commission de Surveillance présidée par le ministre des Finances et dans laquelle siègent les représentants de plusieurs ministères (Finances, MDCI, Industrie, Equipement, Environnement), les représentants de la Banque Centrale de Tunisie et de la Poste Tunisienne ainsi que des membres indépendants.

Le processus décisionnel au sein de la Caisse répond aux normes internationales et aux règles de bonne gouvernance. Toute opportunité d’investissement est examinée en termes d’éligibilité. Trois aspects sont décryptés dans chaque projet : l’économique, le social et l’environnemental. Une fois l’éligibilité du projet est vérifiée, le pôle métier se charge de collecter des informations de manière à être bien renseigné aussi bien au sujet du promoteur qu’à celui du projet lui-même. Ensuite, le projet sera présenté aux organes décisionnels (Comité ressource-emploi et Comité risque) qui se chargent de l’examiner avant de le présenter pour décision à la Commission de Surveillance. Par ailleurs, les projets qui ne sont pas retenus sont ceux qui soit ne s’inscrivent pas dans la stratégie de la Caisse, soit le ticket demandé est inférieur à 5 millions de dinars car, en général, la CDC ne participe que dans des projets structurants et d’une certaine taille.

Qu’en est-il de la responsabilité sociétale, voire politique, qu’assume la CDC conçue comme un facteur de cohésion sociale et d’équilibre régional.

La responsabilité sociétale des entreprises, ou RSE, correspond à la contribution de ces dernières au développement durable. Ainsi, l’intégration de préoccupations économiques, sociales et environnementales dans l’activité des entreprises s’inscrit dans une démarche pour une économie responsable, consciente de l’importance des enjeux locaux.

La CDC annonce sa volonté pour la promotion de l’investissement responsable via l ’appl icat i on d’une approche d’investisseur responsable dans l’ensemble de ses investissements : être un actionnaire de long terme et engagé et soutenir les initiatives et engagements nationaux / internationaux en faveur d’une finance soutenable. Cette volonté se manifeste par un certain nombre d’initiatives :

  • Premièrement, la CDC s’est dotée d’un code de conduite et de déontologie ainsi que d’une Charte responsabilité sociétale qui vient consolider la démarche de la Caisse d’être une institution financière responsable.
  • Deuxièmement, la CDC agit pour préserver l’équilibre climatique et écologique afin d’encourager l’efficacité énergétique, développer les énergies renouvelables et préserver la biodiversité et les espaces naturels.
  • Troisièmement, le modèle d’étude des opportunités d’investissement instauré au sein de la CDC se base sur l’examen de l’éligibilité sur le volet des impacts financiers avec prise en compte des dimensions environnementales et sociales.

La CDC vise, à cet effet, la mise en place d’un Système de Gestion Environnementale et Sociale (SGES) permettant de rendre l’investissement socialement responsable – une part essentielle de son positionnement stratégique – et la gestion des ressources mises à sa disposition. La CDC est née responsable, sa mission est un dévouement qu’elle seule pourra assumer. A cela s’ajoute son engagement RSE qui n’est qu’une manifestation du message qu’elle porte.

III Coopération internationale

La CDC est très présente et très active sur le plan international, notamment en matière de partenariat : objet, utilité et perspectives d’avenir ?

L’année 2017 était une année bien riche en partenariats sur le plan national ainsi qu’international. En effet, la CDC a signé un accord de partenariat avec la prestigieuse banque espagnole la Caixa à travers sa fondation pour l’introduction du programme d’intégration socioprofessionnelle INCORPORA en Tunisie, une initiative destinée aux populations vulnérables et vivants dans la précarité. Le kick-off a été donné le 18 octobre 2017. La CDC lance ainsi sa première action RSE.

L’économie verte est un créneau sur lequel la CDC a commencé à travailler depuis notre participation à la COP 22 et la signature d’un MoU pour le lancement d’un réseau africain de mobilisation de l’épargne des ménages pour financer des projets verts. D’autres actions ont suivi comme la signature du Pacte pour une Tunisie Verte 2014/2024, l’annonce de cette vision de la Caisse, en collaboration avec la direction générale des forêts (DGF), a été faite en avril 2017.

L’économie numérique est également un créneau d’intérêt majeur pour la CDC. C’est dans ce cadre que s’inscrit notre coopération et échange avec l’Agence Française de Développement (AFD), une coopération qui s’est soldée par la signature d’un accord de coopération en marge du Forum Mondial des Caisses de Dépôts tenue à Rome en septembre 2017.

Un accord qui suit un autre, puisque la CDC a renouvelé au mois de juin 2017 son accord de coopération triennal avec le Groupe CDC France, principal partenaire de l’AFD. C’est une ouverture sur de nouveaux horizons.

Finalement, la CDC a signé avec la Palestine Deposit Insurance Corporation, le 15 Novembre 2017, un MoU de coopération et de partenariat entre les deux institutions dans l’objectif de rapprocher les deux institutions et déceler les opportunités de collaboration et d’échange d’expertises, d’expériences, de formations, de recherches et d’études.

Question personnelle

Le Code du statut personnel (CSP) 62 ans après. La route est encore longue. Qu’est-ce qui reste à faire ne serait-ce que pour ne pas pénaliser les femmes dans leur plan de carrière en raison de leurs responsabilités familiales (congé de maternité…) ?

Inévitablement, du chemin reste encore à f aire ! E n e ffet, l e r apport a u t emps structure la différence du rapport au travail entre les hommes et les femmes. D’abord le temps journalier : en incluant les charges ménagères et familiales (qu’elles portent largement), la plupart des femmes ont au moins deux journées en une, ce qui génère surcharge et stress. Ensuite, la structure même du temps de travail : temps partiel et contrats précaires concernent davantage les femmes. Enfin, le temps de la carrière : on construit les fondamentaux de sa carrière entre 25 et 40 ans. Pour une femme, vivre pleinement carrière et maternité est donc un vrai défi ! D’ailleurs, un effort législatif considérable devrait être mené dans ce sens, mais aussi un effort de culture évitant une discrimination entre hommes et femmes.

Un dernier mot ?

Dans le monde en transition auquel nous faisons face, il est pourtant inconcevable d’espérer progresser sans accorder une considération accrue au leadership féminin. Pour de nombreuses entreprises/ institutions en quête de solutions pour doper leur croissance, la féminisation des postes de décision constitue un levier intéressant et puissant. Donner la parole aux femmes et faire entendre leur voix sur les grandes questions économiques est aujourd’hui un enjeu de transformation et de croissance !

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