Crise du lait : arrêt total de la filière laitière à partir de la mi-juillet si…

lait Tunisie L'Economiste MAghrébin

Les différentes composantes de la filière lait ont appelé aujourd’hui à réviser urgemment et dans les plus brefs délais les prix du lait à tous les niveaux de la filière, d’instaurer des augmentations suffisantes et de prendre des décisions opérationnelles concrètes en vue de fournir les aliments de bétail et les subventionner en faveur de tous les éleveurs sans exclusion aucune.

Elles ont invité les autorités à aller dans le sens de la vérité des prix et la garantie de la rentabilité économique de tous les intervenants, ainsi que l’amélioration de la compétitivité du secteur.

Elles ont également recommandé particulièrement l’instauration d’une gouvernance dans un cadre interprofessionnel, la réhabilitation du cycle de production et la promotion de la qualité et de l’hygiène santé.

Réuni aujourd’hui à Tunis, les producteurs et les industriels de la filière laitière ont décidé d’arrêter de distribuer le lait subventionné et distribution seulement du lait non subventionné du 9 au 15 juillet 2018. Ils ont aussi décidé arrêt total de la production et de la distribution du lait sur toute la République à partir du 16 juillet 2018.

« Ces décisions entreront en vigueur si les autorités ne répondent pas favorablement à nos revendications », lit-on dans un communiqué conjoint entre l’Union tunisienne de l’Agriculture et des Pêches (UTAP), le GIVLAIT (Groupement interprofessionnel des viandes rouges et du lait) et l’UTICA.

La crise de la filière lait en Tunisie est montée d’un cran supplémentaire ces dernières semaines pour affecter gravement l’ensemble de ses maillons, de l’élevage à la collecte et la transformation, en raison de la hausse vertigineuse des coûts de production. Le premier facteur en cause est la sécheresse qui a obligé à recourir aux aliments de bétails et fait augmenter leurs prix.

S’y ajoutent surtout la hausse subie pour toutes les autres composantes de la production, de la collecte et de la transformation, notamment les produits vétérinaires, la main d’œuvre, le bétail, les véhicules réfrigérés et le transport, la maintenance et les pièces détachées ainsi que l’emballage et les coûts de distribution. Ces augmentations se situent entre 11% et 40% selon les études effectuées par l’UTAP (Union tunisienne de l’Agriculture et des Pêches), le GIVLAIT (Groupement interprofessionnel des viandes rouges et du lait) et l’UTICA.

Ce qui a aggravé davantage la crise, c’est le dérapage du dinar face aux principales devises étrangères, ainsi que l’augmentation du taux directeur de la Banque centrale de 75 points et la hausse des taxes douanières de 15% en moyenne.

“La conjonction de tous ces facteurs pénalisants expose l’élevage des vaches laitières et, partant, l’ensemble de la filière à des risques très sérieux de nature à faire décimer le cheptel en le cédant à des prix très bas, réduire considérablement la production du lait en quantités suffisantes pour répondre aux besoins des consommateurs, et ralentir, voire bloquer, les centres de collecte et les unités de transformation. Le recours à l’importation du lait sera alors inéluctable, ce qui est de nature à aggraver davantage le déficit de la balance commerciale et réduire les réserves en devises”, expliquent les industriels de la filière laitière.

Pour les industriels et producteurs de la filière laitière, il est important de mettre en garde contre l’atteinte à la principale source de revenu de centaines de milliers de petits éleveurs et de leurs familles, ce qui les pousse en désaffection à renoncer à l’élevage des vaches laitières, et de signaler la prolifération de l’abattage anarchique des velles. Aussi, le recours de plus en plus fréquent à l’évasion du cheptel vers l’Algérie, pays frère et voisin, a porté sur plus de 20.000 vaches laitières soit près de 9% du cheptel productif.

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