Khalil Chaibi, président de la Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie (CTFCI), a appelé à accélérer la digitalisation du commerce international tunisien et à adapter rapidement le cadre juridique national aux standards mondiaux du trade finance numérique (ou financement du commerce numérique). Il s’exprimait ainsi lors d’un atelier organisé par la Chambre en partenariat avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la Digital Standards Initiative (DSI), jeudi 7 mai 2026 à Tunis. Et ce, dans le cadre des initiatives visant à promouvoir la transformation digitale du commerce extérieur tunisien.
Devant des représentants des secteurs bancaire, logistique et institutionnel, le responsable de la Chambre a estimé que la transition numérique du trade finance constitue désormais un enjeu stratégique pour une économie tunisienne fortement dépendante des échanges internationaux.
Il estime que la digitalisation des opérations commerciales permettrait de réduire les coûts, raccourcir les délais de traitement et faciliter l’accès des entreprises tunisiennes, notamment les PME, aux marchés internationaux et aux financements.
Par ailleurs, le président de la CTFCI a insisté sur la nécessité d’adapter le cadre réglementaire tunisien. Et ce, afin de reconnaître juridiquement les documents commerciaux numériques, à l’image des connaissements électroniques ou des effets de commerce dématérialisés.
Il a aussi rappelé le rôle central de la Commission des Nations unies pour le droit commercial international dans l’harmonisation des règles du commerce mondial. A travers notamment la loi type sur les documents électroniques transférables. Laquelle accorde aux documents numériques la même valeur juridique que les supports papier, sous certaines conditions de sécurité et de fiabilité.
Khalil Chaibi souligne encore que cette évolution marque « une véritable révolution » pour un commerce international encore largement dominé par des procédures administratives physiques et lourdes.
La Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie appelle donc à construire une feuille de route nationale qui sera articulée autour de trois axes :
- l’alignement du cadre réglementaire tunisien sur les standards internationaux;
- l’adaptation du secteur bancaire aux outils numériques;
- et la modernisation des chaînes logistiques et commerciales.
En tout cas, les organisateurs de la rencontre relèvent que cette transformation est indispensable pour permettre à la Tunisie de mieux s’intégrer dans l’écosystème mondial du commerce digitalisé, d’attirer davantage d’investissements et d’améliorer l’accès des entreprises au financement.
« Le commerce crée aujourd’hui de la valeur dans les usines, les ports, les chaînes logistiques et désormais au cœur des plateformes digitales interconnectées », conclut Khalil Chaibi. Tout en plaidant pour une transition « rapide, sécurisée et bénéfique pour l’ensemble de l’économie tunisienne ».