Le secteur financier est à la pointe de la transformation numérique

La deuxième édition du Forum international sur les instruments financiers numériques innovants se tient les 10 et 11 avril 2018 à Tunis, conjointement avec la troisième édition du salon SITIC Africa, et ce, en présence d’Anouar Maârouf, ministre tunisien des Technologies de la communication et de l’Economie numérique, Ahmed El Karm, président de l’APTBEF, Kais Sellami, président de la Fédération nationale des Tics relevant de l’UTICA, des ministres et de hauts responsables des pays africains et arabes, à savoir Mali, Burkina Faso, Sultanat d’Oman, Soudan et Irak.

Lors de la cérémonie d’ouverture officielle du Forum et du Salon, Anouar Maârouf a annoncé que le secteur du digital est l’un des rares secteurs à avoir atteint un taux de 5% de croissance, malgré le contexte difficile que connaît la Tunisie ces dernières années.

«Il faut miser sur le digital qui est  une vraie locomotive pour le changement économique du pays. C’est incontestablement un secteur pourvoyeur d’emplois de grande valeur ajoutée et un moyen pour l’Etat de se rénover, se moderniser, se transformer et d’être encore plus au service des citoyens et des entreprises», a-t-il affirmé.

Et de préciser que la Tunisie s’inscrit fortement dans la transformation numérique que connaît le monde. D’ailleurs, le secteur financier est à la pointe de cette transformation partout dans le monde. «La Fintech est aujourd’hui au service de la finance et se développe à grande vitesse. Les banques en ligne, les paiements en ligne, les paiements mobiles, le big data et l’intelligence artificielle changent le concept des finances dans le monde», explique-t-il, en ajoutant que les systèmes d’information financiers changent aussi grâce aux innovations digitales. «Le fait que les pays africains développent leur propre Fintech est un exemple que le digital peut être au service des pays et que le besoin de chaque pays fait naître de bonne innovation. C’est pourquoi, la Tunisie met à disposition de l’Afrique ses infrastructures et ses entreprises innovantes qui sont prêtes à accompagner la Fintech africaine et internationale.»

Et de conclure: «Notre ambition est que la Tunisie permette à l’Afrique de mutualiser ses efforts dans cette transformation numérique. Il faut, donc, prendre notre destin en main et travailler ensemble pour créer notre avenir et transformer cette dynamique d’innovation en une nouvelle réalité économique de nos pays.»

Le développement des économies est tributaire de l’intelligence et des compétences

De son côté, Kais Sellami a affirmé que le développement des économies est tributaire de l’intelligence (Smart) et des compétences (Skills). «Si on veut suivre l’évolution quotidienne des marchés, des exigences des citoyens, des consommateurs, des clients…, tous nos outils de production, nos systèmes de transaction, nos systèmes opérationnels, de paiement, de traçabilité et de maîtrise des données doivent devenir smart grâce au digital.»

Pour atteindre cet objectif,  il a estimé qu’il faut réfléchir et construire ensemble ces systèmes partagés et codéveloppés. «Cette intelligence du numérique est basée sur les cerveaux. En Afrique, nous avons des compétences, des jeunes innovants et des entreprises numériques capables de rendre nos secteurs économiques smart, d’inventer et de devenir des champions mondiaux du numérique.»

Pour ce faire, on doit, selon ses propos, développer les formations des jeunes diplômés, revoir les systèmes d’enseignement pour les adapter aux exigences du digital d’aujourd’hui qui évolue tous les jours. On doit aussi disposer de nos compétences et éviter la fuite des cerveaux du digital. «A partir du moment où il n’ y a plus de frontières économiques grâce au digital, on doit accepter le fait que l’on est entré dans une nouvelle ère mondiale où il n’y a plus de frontières pour les compétences. On parle d’open skills tous azimuts pour que nos compétences s’échangent sur tout le continent africain», a-t-il souligné.

Pour sa part, Ahmed El Karm a estimé que les technologies innovatrices sont l’avenir des systèmes bancaires et financiers. «Partout dans le monde les banques sont protégées par une réglementation qui assure la fermeture des marchés. Cette protection est en train de s’effondrer grâce à une technologie qui arrive à surpasser la barrière réglementaire pour offrir aux clients des services bancaires et financiers sans passer par les institutions financières, et ce, via mobile ou PC», a-t-il indiqué.

Et de préciser que la Fintech exploite un gisement de services bancaires qui n’est pas basé sur l’ouverture des comptes, mais sur des facilités de paiement, d’une manière totalement rapide et sécurisée. Et le monde d’aujourd’hui est basé sur une technologie de rupture qui invente de nouvelles technologies telles que le big data, l’intelligence artificielle, l’IoT, la cinquième génération, la robotisation, la Blockchain, les crypto-monnaies…

Face à cette technologie de rupture,  M. El Karm a estimé que nous devrons nous démener pour conserver nos parts de marché et les développer par la suite. «Il est donc indispensable d’opter pour la mutation de nos systèmes d’information pour devenir intelligents, adaptés aux nouvelles solutions technologiques et efficaces opérationnellement», a-t-il déclaré, affirmant qu’«il faut préparer d’une manière opérationnelle et forte la Tunisie de demain construite autour d’un  système bancaire moderne et efficace qui réponde aux évolutions technologiques et aux besoins de la clientèle».

A la clôture de cette manifestation, plusieurs accords de partenariat ont été signés, à savoir un accord entre le ministère tunisien des TICs et de l’Economie numérique et son homologue malien et un autre avec son homologue burkinabé, un accord entre l’APTBEF et la Douane tunisienne et un autre entre la société AYMAX et le groupe Université Internationale de Tunis (UIT).

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