Youssef Chahed : possibilité de créer un bureau de la BID en Tunisie

L’ouverture officielle des 43èmes réunions annuelles du Groupe de la Banque islamique de développement (BID) qui se tiennent sous le haut patronage du Président de la République, a été assurée aujourd’hui par le chef du gouvernement Youssef Chahed.

Donnant un aperçu du processus transitionnel, le chef du gouvernement Youssef Chahed a rappelé que la Tunisie a réussi sa transition politique, avec l’adoption d’une nouvelle constitution en 2014 et la mise en place des instances constitutionnelles indépendantes.

Dans ce sens, le chef du gouvernement n’a pas manqué de rappeler les efforts consentis en Tunisie pour réussir la transition économique, à travers la mise en place des réformes dans le cadre du plan 2016-2020, l’adoption d’un nouveau Code d’investissement pour libérer l’investissement, le renforcement de la bonne gouvernance, la création de l’Instance tunisienne de l’investissement, la prise en compte de la lourdeur de la bureaucratie et l’adoption en 2015 de la nouvelle relative à la Banque centrale de Tunisie.

Et d’ajouter que la Tunisie a encouragé l’initiative privée pour des créer des projets innovants, notamment avec le vote récemment de la loi StartupAct et le lancement du plan Tunisie numérique pour améliorer la gouvernance électronique en matière d’éducation, de modernisation de l’administration et de création d’entreprises.

Le chef du gouvernement a souligné le rôle important du secteur privé, dans le partenariat public privé dans le renforcement du développement.

«Nous œuvrons à mettre en place de nouveaux projets PPP pour développer l’infrastructure. Le montant des investissements dans des projets dans le cadre du PPP est estimé à sept milliards de dinars d’ici 2020, et ce, dans plusieurs secteurs. Nous estimons atteindre en 2018 un taux de croissance de 3%», déclare Youssef Chahed.

A propos du partenariat avec le Groupe de la BID, le chef du gouvernement n’a pas manqué de souligner que le développement des pays membres demeure tributaire des échanges bilatéraux dans le cadre du développement durable.

«Le niveau actuel de nos échanges est insuffisant. Il faut un nouveau modèle pour accélérer les échanges commerciaux entre nos pays, créer de nouvelles opportunités d’investissement et améliorer davantage le climat d’affaires», ajoute le chef du gouvernement qui a affirmé que le Partenariat public privé peut jouer un rôle crucial à travers l’encouragement de l’investissement direct dans les pays membres du groupe de la BID.

Le Chef du gouvernement a salué le niveau de coopération entre la Tunisie et la BID; ses efforts et ses initiatives dans la mise en place d’un nouveau modèle de développement, dans son plan d’action fondé notamment sur l’appui aux secteurs à forte valeur ajoutée.

Notée triple A par les grandes agences internationales de notation, la BID est une vraie success story en matière de développement économique. Son plan quinquennal est très intéressant, car il est fondé sur la décentralisation. Dans ce sens, le chef du gouvernement a évoqué la possibilité de créer un bureau de la BID en Tunisie. Notons que les engagements de la BID en Tunisie sont estimés à 3.2 milliards de dollars.

Etait également présent à l’ouverture officielle, Zied Laâdhari, gouverneur pour la Tunisie et ministre du développement, de l’investissement et de la Coopération internationale.

Le ministre a affirmé que le Groupe de la BID est un partenaire stratégique de la Tunisie qui demeure engagée à collaborer avec tous ses partenaires. «Nos pays sont aujourd’hui confrontés à plusieurs défis. Il faut créer de 10 à 12 millions nouveaux postes d’emploi chaque année. La solidarité et la complémentarité entre les pays membres de la BID nous permettront de s’intégrer davantage dans l’économie mondiale», a-t-il souligné.

Et d’ajouter que la BID n’est pas seulement une institution bancaire, mais s’oriente pour devenir une institution de développement et d’investissement.

Le ministre a exprimé le besoin des pays membres du groupe de la BID d’accélérer les partenariats pour encourager l’innovation et la transformation numérique et trouver les solutions aux différents défis.

Bandar Ben Mohamed Hajjar, Président du Groupe de la BID a salué les réformes engagées par la Tunisie, tout en rappelant la loi StartupACT et la loi relative au PPP.

Bandar Ben Mohamed Hajjar a fait remarquer que le nouveau modèle de développement adopté par la BID et sa transformation d’une banque de développement vers une banque participative de développement et d’entrepreneurs, et ce, dans l’objectif d’attirer des partenaires dans le cadre d’un partenariat win-win.

Le président du Groupe de la BID a affirmé que les pays membres ont besoin d’un montant d’investissement de 150 milliards de dollars d’investissement dans le secteur de l’énergie et que la BID n’a pu, à elle seule, investir qu’environ 3.5% de ce montant, alors que la capacité du groupe de la BID est de 8% (12 milliards de dollars).

Et d’ajouter que les pays membres ont aujourd’hui besoin d’un montant de 700 milliards de dollars pour réaliser les objectifs de développement, notamment en infrastructure. Que faire? Le problème, selon le président du groupe de la BID, n’est que financier. Il faut changer le modèle de développement dans les pays membres et profiter, des opportunités qu’offre la finance islamique et du réseau de partenaires du groupe et ses services.

«On a décidé de créer deux fonds souverains en Afrique et en Asie pour appuyer le PPP et financer des études de faisabilité pour des projets PPP. Une autre étude est en cours pour identifier les secteurs promoteurs permettant de s’intégrer dans les chaines de valeur mondiales et d’ouvrir les voies pour le secteur privé. La BID s’engage à aider les pays à réaliser les objectifs de développement», conclu Bandar Ben Mohamed Hajjar.

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