La politique active de l’emploi est-elle discriminatoire ?

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MENA Youth Policy Research Center (MYPRC), organisation indépendante à but non lucratif, exposera, fin janvier, une expérience pilote sur sa démarche proposée pour sensibiliser tous les acteurs économiques contre la discrimination que peut engendrer certaines politiques publiques.

Une évaluation “des politiques actives de l’emploi”, “du décrochage scolaire” et “de la discrimination entre les sexes” sera présentée lors d’une conférence-débat qui sera l’occasion aussi pour le lancement de nouvelles idées à la fois pratiques et efficaces se basant sur les travaux de recherche effectués par MYPRC. Ces idées sont le fruit des consultations entre ses équipes de recherche juniors et seniors et l’administration publique.

Une revisite de l’évaluation du programme SIVP

L’objectif principal de cette étude réalisée dans ce sens est d’évaluer l’impact des programmes actifs de l’emploi en Tunisie, non seulement en termes d’employabilité, mais aussi en termes d’accentuation de la discrimination sur le marché du travail. En se basant sur des données individuelles d’une enquête sur la jeunesse dans les zones urbaines en Tunisie (THSYUA),  la technique de matching a été appliquée pour revisiter l’efficacité du programme de Stage d’initiation à la vie professionnelle (SIVP).

Les résultats concluent que ce programme a un impact global positif et significatif sur l’insertion des jeunes des zones urbaines sur le marché du travail. Toutefois, le SIVP a augmenté l’inégalité des chances pour l’accès à l’emploi entre les jeunes des régions de l’intérieur et les jeunes des régions du littoral. Sur la base de ces résultats, cette étude propose un ensemble de recommandations destinées aux décideurs politiques afin d’orienter les programmes actifs d’emploi vers plus d’efficacité permettant la réduction de la disparité régionale du chômage.

Discrimination entre les sexes sur le marché du travail en Tunisie

L’augmentation du taux de participation de la femme au marché du travail n’est pas seulement une question d’équité, mais aussi une priorité politique et une condition nécessaire pour la réalisation des objectifs de croissance et de cohésion sociale. C’est dans ce sens que s’oriente une étude qui cherche à identifier, dans un premier temps, les déterminants de la participation au marché du travail pour les deux sexes et expliquer par la suite les facteurs qui agissent sur l’écart de participation.

Sur la base des données de l’enquête “Tunisian Labor Market Panel Survey” de 2014, les résultats montrent que l’éducation est un facteur essentiel et nécessaire pour promouvoir la participation des femmes alors que le nombre d’enfants (à moins de 6 ans) est responsable de la baisse du taux d’activité des femmes.

Les résultats montrent également que la probabilité qu’une femme avec enfants renonce à chercher un emploi lorsqu’elle réside dans une région où la distance par rapport aux jardins d’enfants et aux écoles primaires dépasse en moyenne 2 km. Garantir un taux de couverture des jardins d’enfants égal à la moyenne nationale pour les zones intérieures nous permet d’augmenter le taux de participation à l’emploi de la femme de 7 points en pourcentage.

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Publié le 19/01/2018 à 15:36

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