La classe politique réagit après la victoire de Yassine Ayari

Yassine Ayari, candidat de la liste “Al Amal” aux élections législatives partielles d’Allemagne, s’est retrouvé en tête des résultats du vote, avec 263 voix sur les 1325 recueillies.

Plus connu comme activiste et blogueur, mais aussi pour avoir critiqué les cadres du ministère de la Défense via les réseaux sociaux, en particulier Fb, il a été emprisonné durant quatre mois. Il est également un proche de l’ancien président de la République Moncef Marzouki,

La classe politique n’a pas tardé à réagir aux résultats du vote. Ahlem Hachicha Chaker, Directrice Exécutive de l’Institut des Politiques du Parti Machrou3 Tounes, nous a déclaré:  » Je pense que ces élections indiquent forcément la nécessité d’une remise en question générale, que ce soit du système même des élections à l’étranger, de l’action des partis politiques à l’étranger, de la gouvernance actuelle, que du rapport des Tunisiens à l’étranger au pays et vice versa. » Et de poursuivre: « Au-delà du choix des électeurs, que l’on peut expliquer ou pas, il y a eu des défaillances dans le processus de ces élections. Depuis hier soir, l’ISIE n’a toujours pas publié officiellement les résultats du scrutin. Une aberration de plus qui s’ajoute à une série d’incidents qui ont émaillé les élections partielles en Allemagne. »

Elle ajoute: « Le seul élément positif de ce qui s’est passé serait que l’on considère tout ceci comme un test pour la suite. Un test de la capacité des institutions actuelles à réellement gérer des élections, de la gouvernance au sein du gouvernement, de l’assise des politiques, des choix stratégiques imposés au pays, etc. »  Même constat pour Mohsen Marzouk, le secrétaire général du parti Machrou3 Tounes qui n’a pas mâché ses mots, sur son compte, en déclarant ainsi: « Aujourd’hui, le parti Ennahdha a gagné en présentant son candidat réel. »

Par ailleurs, Sabrine Goubantini, députée du bloc parlementaire Wataniya à l’ARP, a dressé une analyse, en soulignant un grand écart de participation des électeurs entre les deux années 2014 et 2017. Elle précise:  « Même s’il y a une forte mobilisation au niveau des leaderships d’Ennahdha et de Nidaa Tounes lors de la campagne électorale, le taux de participation des électeurs demeure faible. Ceci s’est traduit par une forte abstention des électeurs des partis d’Ennahdha et de Nidaa Tounes, contrairement à 2014 où il y avait une forte mobilisation des deux côtés (Ennahdha avec un électorat de 2400 personnes et Nidaa Tounes avec un électorat de 3000) », détaille-t-elle.

Elle poursuit: « La conséquence logique de ce qui s’est passé, revient essentiellement à l’entêtement des nouveaux leaders de Nidaa Tounes d’exclure tous ceux qui ont dénoncé le clientélisme, la médiocrité. A mon avis, nous devons faire face une fois de plus à l’échec des leaderships. D’ailleurs, la nomination de Hatem Ferjani était en partie la cause essentielle imposée par le parti Nidaa Tounes, en faisant du chantage, car le but au départ était de faire élire Hafedh Caïd Essebsi. »

« Yassine Ayari a eu son électorat, ceci étant dit, nous devons nous interroger sur l’incapacité des deux partis de la coalition à rassembler 300 voix », s’exclame-t-elle.

Réjouissance pour certains et forte inquiétude pour d’autres, les résultats des élections législatives partielles d’Allemagne ont abouti à une spirale ascendante et alarmiste, avec en toile de fond le fort taux d’abstention, aux alentours de 95% des inscrits.

 

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