Etre un artisan, un savoir-faire unique

Artisanat tunisien L'Economiste Maghrébin

Ils  sont artisans et  fiers de l’être dont la seule ambition est de préserver ce précieux  savoir-faire et le transmettre. C’est avec cet esprit là que les artisans ainsi que les créateurs de talents ont adopté le numérique pour promouvoir leurs produits.  Reportage: 

Rencontré lors du lancement d’Artisans d’Art, une application numérique conçue par Orange au service de l’artisanat tunisien, Fethi Ben Rehaiem, artisan sculpteur sur bois nous confie: « Ce métier est cent pour cent artisanal jusqu’à l’outil du travail que j’ai créé de mes propres mains ».

Dès l’âge de 20 ans, il a eu le coup de foudre pour ce métier de sculpteur sur bois. Il nous raconte:  » L’histoire a commencé en parcourant les ruelles de la Medina, j’ai vu un homme d’un certain âge qui sculptait. Je l’ai vu à l’oeuvre  comment il travaillait, et petit à petit  je me suis intéressé en apprenant les ficelles du métier. Et voilà,  vingt plus tard, je fais le même métier. Mes débuts n’étaient pas faciles, il fallait un budget pour commencer, mais je peux tout surmonter avec la passion pour ce métier qui ne doit en aucun cas disparaître ».fethiben rehaiem

 

Il travaille sept jours sur sept, plus de  huit heures par jour. Même si les minutes, les heures  s’égrènent et les années passent  « Je ne pense qu’à donner  un sens à la sculpture »,  confie Fethi Ben Rehaiem, qui ne connaît pas de répit. Il ajoute: «  J’ai une relation particulière avec l’objet et c’est tout  le secret ancestral des artisans ».

Malgré lui, l’artisanat est au cœur d’un enjeu financier: les matières  premières coûtent cher. Il nous déclare: « Avant 2011, j’achetais le contre-plaqué à 25 dinars, six ans après, je l’achète à 75 dinars. Aujourd’hui, je vends mes produits  à bas prix  car les temps sont durs et j’arrive à peine à  joindre les deux bouts « . Son souhait,  » Je n’en ai qu’un seul, j’aimerais bien que l’Etat soutienne ces métiers, l’encadrement des institutions c’est ce qui manque le plus à l’artisanat tunisien », avoue-t-il.

violonLa musique est son univers. Pour Maher Chérif, cet artisan, créateur d’instruments de musique et réparateur nous confie: « J’ai appris ce métier très tôt depuis mon enfance. Cela fait 33 ans que je fais ce métier qui se transmet de père en fils.  »  « Malheureusement ces métiers sont  en voie de disparition. Et pour cause: absence d’encadrement de la part de l’Etat, mais aussi le peu d’intérêt des jeunes qui préfèrent la culture de l’assisté. Ces professions requièrent de la patience, de la passion et un savoir-faire indéniable”,  conclut-il avec amertume.

 

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