Ce qu’attend la Tunisie de la France

La rencontre pour « l’Appel à une mobilisation internationale en faveur de la Tunisie », organisée le 15 septembre à Paris, a été une opportunité pour des personnalités politiques, des économistes et des représentants de la société civile de rappeler l’urgence pour susciter une mobilisation internationale en faveur de la Tunisie.

Ce plan Marshall permettrait à cette seule expérience démocratique aboutie dans la rive sud de la Méditerranée de résister à des vents contraires.

Outre les interventions de Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre français, Wided Bouchamaoui, présidente de l’UTICA, et Enrique Baron Crespo, ancien président du Parlement européen, M. Foued Lakhoua, président de la Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie (CTFCI), a présenté la vision des opérateurs économiques et leurs attentes à l’effet de relancer l’activité économique, renforcer l’attractivité du site tunisien des affaires et de booster la croissance économique.  Pour M Foued Lakhoua, la France, partenaire historique et stratégique de la Tunisie, ne doit pas se limiter à jouer le rôle d’observateur, mais plutôt d’acteur dynamique. Il lui revient en effet de permettre à  cette seule expérience aboutie dans le bassin sud de la Méditerranée  de résister à ce tourbillon  et de continuer à susciter espoir et confiance.   Le président de la CTFCI a présenté des pistes d’avenir à même de permettre de  mieux orienter les opérateurs sur les nouvelles opportunités qu’offre la Tunisie en matière d’investissement et de partenariat.

Il a considéré d’abord qu’ il est impératif aujourd’hui  pour un grand constructeur d’automobiles français de s’implanter en Tunisie afin de développer la sous-traitance locale mais aussi et surtout de  garantir son positionnement sur ce marché où la présence de marques asiatiques se fait de plus en plus remarquer.  La deuxième piste se réfère aux opportunités  qu’offre le Partenariat public privé pour impulser les investissements français dans de nombreux secteurs. En effet, de  nombreux grands projets ont été identifiés pour la période 2016-2020,  à l’instar de la réalisation d’une zone de logistique au port de Radès d’un coût de 200 MD, l’extension du terminal à conteneurs 7 et 8 à Radès 300 MD, d’une centrale électrique à cycle combiné à Radès, d’une cité sportive de Sfax, d’une station de dessalement de l’eau de mer à Sfax,  650MD.   L’entrée des grands noms des entreprises françaises, a-t-il souligné,  ne manquera pas de produire les effets d’entraînement souhaités et d’encourager d’autres entreprises et d’investisseurs à suivre le pas.

La troisième voie a trait à  la promotion de la colocalisation. La bonne réussite de l’expérience entamée en juillet 2013 de l’alliance franco-tunisienne pour le  numérique montre les  chemins du possible. En l’espace de 3 ans, on a enregistré une véritable montée en puissance de cette alliance  avec 48 partenariats signés couvrant un large éventail de ce secteur.

Dupliquer cette expérience dans  d’autres secteurs où les synergies réciproques existent, notamment dans les domaines de l’ingénierie de construction et de BTP, la mécanique, la plasturgie et l’électricité, ne peut qu’être bénéfique à tout le monde.

Enfin, suggère M. Foued Lakhoua de prendre en considération les synergies communes qui peuvent être réalisées  par la reconstruction de la Libye. Malgré le chaos qui sévit dans ce pays  et ses graves répercussions sur la Tunisie sur les plans sécuritaire, économique et social, il importe de bien se préparer à ce processus qui présente des opportunités certaines pour les hommes d’affaires français  qui pourraient compter sur les entreprises tunisiennes qui ont un pied-à -terre dans ce pays et acquis une expérience et un savoir-faire qui pourraient générer des partenariats mutuellement profitables.

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