La sœur de l’un des kidnappés : Fajr Libya avait déjà menacé les diplomates tunisiens

Dix employés de la mission consulaire tunisienne en Libye ont été enlevés, vendredi 12 juin 2015, par une milice armée libyenne. La cellule de crise mise en place par les autorités tunisiennes pour faire libérer les otages.

Le secrétaire d’État auprès du ministère des Affaires Étrangères, chargé du dossier des pays arabes et de l’Afrique, Touhami Abdouli, a indiqué, samedi 13 juin 2015, que les négociations avec les ravisseurs des dix diplomates tunisiens en Libye avançaient dans le bon sens, a rapporté Mosaique Fm

«Les otages devraient être libérés dès ce soir, si tout se passe bien », a indiqué le secrétaire d’État.

La promesse du ministre a semblé avoir été tenue, car certains médias ont rapporté ce dimanche après-midi, 14 juin 2015, que les 10 fonctionnaires du consulat de Tunisie à Tripoli ont été libérés.

Au grand dam de tous ceux qui ont voulu y croire, cette information n’a pas été confirmée officiellement.

En effet, le ministère des Affaires étrangères, a opposé un démenti dans une déclaration accordée à Jawhara Fm, ce dimanche 14 juin 2015.

Ces informations contradictoires n’ont pas beaucoup rassuré les familles des fonctionnaires enlevés. D’ailleurs, la sœur de l’un des 10 kidnappés a nié la libération de son frère ainsi que le reste des diplomates appelant les autorités tunisiennes à gérer le dossier rapidement et avec tout le sérieux requis avant qu’«il ne soit trop tard», a-t-elle prévenu.

«Mon frère m’avait confié, dernièrement, que les milices armées de Fajr Libya avaient déjà menacé les diplomates tunisiens, si  leur chef Walid Al-Kalib, incarcéré en Tunisie depuis mai dernier, ne serait pas relaxé », a-t-elle déclaré à plusieurs médias.

Walid Klib est sous les verrous à Tunis depuis le 14 mai, suspecté de terrorisme. Les autorités tunisiennes ont demandé à leurs ressortissants de limiter leurs déplacements.

Le ressentiment envers les Libyens est patent parmi une partie de la population tunisienne malgré les centaines de milliers de Libyens accueillis en Tunisie depuis la révolution qui a déposé Kadhafi en 2011.

De son côté, le président du mouvement Ennahdha a annoncé lors d’un meeting populaire tenu au gouvernorat de Gabès, avoir demandé à des parties libyennes, et aucunement à des terroristes, d’intervenir pour libérer les diplomates tunisiens.

Accepter le chantage (expulsion de Walid Klib pour raison d’État), le refuser au risque de perdre des vies, négocier mais à quel prix ? Tous les choix des autorités tunisiennes sont risqués à moins de réussir un coup de poker bluffé.

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