Les conditions de la relance économique selon Tarek Chérif

Et de trois pour la Conect. La Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie, créée le 11 septembre 2011, fête ces jours-ci son troisième anniversaire. A cette occasion, et lors d’une rencontre avec les représentants des médias, Tarek Chérif, son président, a tenu à rappeler que son organisation ne fait pas de politique et ne compte pas en faire. « Nous sommes neutres certes mais nous accordons une grande importance aux prochaines élections et nous voulons qu’elles réussissent car il y va de l’avenir du pays. Nous espérons également que le choix du citoyen repose sur des programmes économiques et non pas des paroles. Des programmes avec des mesures concrètes, des réformes et des moyens pour y parvenir. Quant au gouvernement issu des urnes, nous voulons qu’il soit pour toute la Tunisie », a-t-il souligné. Pour ce qui est des hommes d’affaires qui ont choisi de se jeter dans l’arène électorale sous telle ou telle couleur, il a été très clair : « Je respecte leur choix, mais à la Conect nous sommes pour que chacun fasse son travail, le politicien fait de la politique, le syndicaliste défend les droits des syndiqués, l’homme d’affaires fait des affaires… ». C’est clair et net, il n’est pas pour le mariage affaires-politique.

Après avoir brossé un tableau peu reluisant de la situation économique du pays, Tarek Chérif a souligné que le taux de croissance révisé de 2,5% est très bas. « Il faut un taux de 7 à 8% pour pouvoir créer plus de richesses et endiguer le chômage qui a atteint de grandes proportions à l’intérieur du pays et parmi les jeunes. Un taux de croissance réalisable sous conditions », a-t-il précisé.

Pour l’orateur, l’investissement, surtout dans les régions intérieures et l’exportation sont les deux plus importants moteurs de croissance. Cependant, a-t-il encore souligné, rien ne peut et ne pourrait être entrepris sans sécurité, sans rétablissement de l’autorité de l’Etat et sans primauté de la loi. Trois conditions sine qua non pour toute entreprise au sens large du terme.

En Tunisie, nous créons une entreprise pour 1000 habitants par an. Les pays de l’OCDE créent 50 entreprises pour 1000 habitants et les Bric’s 20 à 25 entreprises. Plusieurs handicaps bloquent l’initiative dans notre pays. Le principal reste, selon Tarek Chérif , le financement. Sans investissements il n’y aura pas de sortie de crise, ni de relance, ni de taux de croissance élevé. Les banques ont besoin d’être recapitalisées pour pouvoir soutenir l’entreprise. Il a proposé notamment la participation du privé tant national qu’étranger même à hauteur de -50%. L’Etat  devant se charger de l’infrastructure et les banques surtout de développement, d’investissements. Une bonne gouvernance de ces banques est de même requise et doit évoluer avec le temps. La priorité devrait par ailleurs être accordée aux PME  pour ce qui est des prêts. La célérité dans l’étude des dossiers s’impose aussi. Sans parler de l’apport de la Caisse de dépôt et consignations et les microcrédits.

S’agissant de l’autre moteur de croissance qu’est l’exportation, à défaut de la consommation sur laquelle l’économie du pays ne peut pas compter, il serait judicieux d’enraciner cette culture de l’export qui fait défaut, a-t-il martelé. Pour ce faire, il a rappelé que son organisation est pour la création d’un ministère en charge exclusive de cette question pour promouvoir l’exportation, soutenir les exportateurs et consolider la diplomatie économique, notamment.

 

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