La bonne gouvernance : comment l’instaurer en Tunisie ?

«  On ne peut  pas parler  de gouvernance à un moment où la notion de l’Etat n’existe peut-être pas,  dans un contexte marqué par l’absence de toute volonté politique et du manque de leadership ». C’est ainsi que Charefeddine Yaakoubi, directeur exécutif de l’Association tunisienne des contrôleurs publics et le directeur du Corps général du contrôle des domaines de l’Etat et des affaires financières a conclu sa communication intitulée « La gouvernance : enjeux et défis », présenté dans le cadre de  la 1ère Conférence internationale sur le Gouvernement Electronique  tenue  les 13 et 14 mai, à Tunis.

Conclusion peu enchanteresse pour l’auditoire composé de thésards, étudiants et professeurs universitaires. Mais les arguments présentés par . Yaakoubi ne font que susciter le doute sur la possibilité de l’instauration d’une bonne gouvernance en Tunisie.

Si la gouvernance suppose : la transparence, la participation de toutes les parties prenantes dans les affaires publiques, efficacité et efficience, pour le jeune orateur tous ces concepts ne sont pas appliqués en Tunisie. D’ailleurs M. Yaakoubi pointe le doigt sur les facteurs handicapant  l’instauration d’une bonne gouvernance.

Le conférencier relève le cynisme de la population envers la participation à n’importe quelle activité politique. À cet égard, il évoque un  exemple lourd de sens, tiré de la réalité : la faible présence durant les conférences organisées récemment dans les régions pour présenter la Constitution : «  Uniquement les premiers rangs étaient pleins », dit-t-il avec regret avant d’affirmer que ce constat démontre «  un désengagement total de toute action politique dans le pays », affirme-t-il.

Même les corps de métier  font partie de la problématique de la gouvernance car le corporatisme est un  mal qui s’attaque aux professions. «  Chaque corps de métier, une fois qu’il se sent touché dans ses avantage et ses privilèges, même s’il s’agissait d’une réforme cruciale pour améliorer le  secteur, il ne manque pas de s’y opposer ».

D’ailleurs, le service public se trouve comme pris en otage des revendications sociales.  Et à partir de ce constat-là, l’intervenant avance que « tous les citoyens parlent de droits et jamais de devoirs » et de continuer « Pour acheter la soi-disant  paix sociale on a même sacrifié les entreprises publiques comme Tunisair, la STEG, avec les recrutements de masse ».

Autres paramètres,  le droit d’accès à l’information semble être négligé par  les citoyens : «  D’ailleurs le nombre de demandes pour accéder aux documents administratifs demeure très limité  par rapport au nombre de demandes des citoyens britanniques  pour accéder aux documents de l’administration publique ». Cependant, la loi relative à l’accès de l’information en Tunisie existe bel et bien, mais il existe des problèmes de mise en oeuvre.

La solution ? « Il faut aller au fond des problèmes,  remettre l’appareil de l’administration publique en marche en assurant le respect de la loi et en garantissant l’efficacité de l’entreprises publique, et assurer  un accès fiable aux informations »

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