Tunisie – Tourisme : une haute saison sur fond de tiraillements politiques

Les trois principales destinations touristiques nord africaines, l’Egypte, la Tunisie et le Maroc se préparent à la haute saison à qui mieux-mieux. Malheureusement, malgré ces préparatifs, des campagnes promotionnelles tous azimuts, des incentives tours, des déclarations d’un retour au calme dans les pays dits du printemps arabe, les perspectives ne sont pas les mêmes pour les trois pays.

En effet, si les perspectives s’annoncent bonnes pour le Maroc, elles sont plutôt difficiles et tributaires d’une situation socio-politique instable, versatile et changeante selon l’humeur du moment, de nombre de parties impliquées de près ou de loin dans l’activité tourisme en Egypte et en Tunisie.

De ce fait, la haute saison estivale 2014 s’annonce extrêmement contrastée d’un pays à un autre.

En Egypte les recettes tourisme, troisième source de revenus, terrorisme oblige, s’écroulent et enregistrent une baisse de 43% (940 M€) pour le premier trimestre 2014 comparé à la même période 2013 qui a elle-même enregistré une chute de (-41%). Signe révélateur de cette chute, les fréquentations des sites archéologiques ont baissé de 70%. Ces résultats sont la conséquence des actes terroristes qui frappent le pays depuis la destitution du président Morsi et qui ont conduit une quinzaine de gouvernements étrangers à émettre des restrictions de voyage pour leurs ressortissants.

La destination Maroc quant à elle continue d’attirer les visiteurs puisque l’Office national marocain du tourisme prévoit l’arrivée de plus de 11 millions de touristes en 2014 (le secteur a représenté en 2013 plus de 8,6% du PIB  soit 9,5 milliards de dollars). Cette progression du Maroc, resté à l’écart des turbulences jihadistes, s’explique principalement par sa stabilité socio-économique.

En Tunisie, le secteur du tourisme représente 7% du produit intérieur brut et faisait vivre directement ou indirectement 10% de la population ce qui traduit son poids important dans l’économie du pays. Or, depuis la révolution, le secteur se porte mal comme l’indique la chute du marché français, le plus important marché émetteur vers la Tunisie.

Certes, une croissance des recettes touristiques de 2,1% a été enregistrée pour  le premier trimestre 2014 et le nombre de touristes a progressé de 7,1%. Mais la fragilité de cette reprise la laisse exposée à tout acte terroriste et toute déclaration politique malencontreuse de nature à être récupérée par les médias internationaux.

Ainsi, le renouveau du tourisme tunisien s’annonce difficile et exposé à toutes les instabilités résultant de la surenchère socio-politique, laissant le devenir de la haute saison 2014 au gré des tiraillements politiques nés de l’arrivée d’une douzaine de touristes jugés « persona non grata » par plus d’une partie prenantes.

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