Le procès de l’ancienne présidente de l’Instance Vérité et Dignité (IVD), Sihem Ben Sedrine, et de l’ancien président de sa commission d’arbitrage et de réconciliation, Me Khaled Krichi, n’avance décidément pas. En effet, jeudi 5 novembre 2026, la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le Tribunal de première instance de Tunis a reporté une nouvelle fois l’examen du dossier au 19 novembre, sans en préciser les raisons.
Les deux prévenus sont poursuivis dans l’affaire de l’arbitrage conclu entre l’IVD et l’homme d’affaires Lazhar Sta, mort en détention le 8 septembre 2026. Sihem Ben Sedrine comparaît libre, tandis que Khaled Krichi reste incarcéré.
Ce nouveau renvoi s’ajoute à une série de reports : après une première audience le 21 septembre, l’affaire avait été repoussée au 1er octobre, puis au 22 octobre, avant d’être fixée au 19 novembre.
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Au cœur du dossier : une décision arbitrale
La procédure porte sur une décision rendue par l’IVD en faveur de Lazhar Sta, dans le cadre du mécanisme d’arbitrage et de réconciliation prévu par la loi sur la justice transitionnelle. Elle fait partie d’une série de poursuites visant d’anciens responsables de l’Instance, sur les conditions dans lesquelles des accords de réconciliation ont été conclus et sur la régularité de certaines décisions prises durant son mandat.
Pour Sihem Ben Sedrine, le dossier s’ajoute à un contexte judiciaire déjà lourd. En juin 2026, elle a été condamnée en première instance à 25 ans de prison au total dans plusieurs affaires liées à sa gestion de l’IVD et au dossier de la Banque franco-tunisienne (BFT). Khaled Krichi a écopé, dans les mêmes dossiers, de dix ans de prison au total. Ces jugements font l’objet de recours.
L’association Intersection dénonce un acharnement
À l’occasion de l’audience, l’association Intersection pour les droits et les libertés a réaffirmé son soutien aux deux prévenus. Elle dénonce également des poursuites répétées contre d’anciens responsables de l’IVD et des acteurs du mouvement des droits humains.
Selon l’association, poursuivre des responsables pour des décisions prises collectivement par le conseil de l’Instance, et soumises à un contrôle judiciaire lors de leur revêtement de la formule exécutoire, soulève de sérieuses interrogations sur l’usage de l’appareil judiciaire.
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Intersection s’inquiète aussi du maintien en détention de Khaled Krichi depuis plus de quatre mois, qui pose selon elle la question du caractère exceptionnel de la détention préventive, du respect des garanties légales et du droit à un procès équitable.
L’association réclame sa libération immédiate, l’arrêt des poursuites contre les anciens membres de l’IVD pour l’exercice de leurs fonctions et le respect des droits de la défense.