Après près de huit ans d’absence du dialogue parlementaire entre la Tunisie et l’Union européenne, voilà qu’il reprend. Mais, pour Tunis, l’enjeu dépasse la reprise des échanges institutionnels : il s’agit de rediscuter les termes d’une relation trop souvent ramenée à la migration et au contrôle des frontières.
Une chose est sûre: la partie tunisienne souhaite remettre l’économie au centre du partenariat. Révision de l’accord d’association de 1995, investissements, énergie, numérique et restitution des avoirs détournés : derrière ces priorités, une question se pose. Comment transformer la coopération avec Bruxelles en perspectives concrètes pour les entreprises, les jeunes diplômés et les territoires tunisiens ?
Cette attente prend tout son sens dans un pays confronté à des contraintes financières et à la nécessité de créer davantage d’emplois. Pour les citoyens, un partenariat plus équilibré se mesurerait moins aux déclarations communes qu’à ses résultats : des financements accessibles, des débouchés pour les entreprises et des possibilités de formation et de mobilité.
Reste à savoir si l’ALECA reviendra-t-il dans les discussions ? Cette volonté de rééquilibrage pourrait-elle remettre sur la table l’Accord de libre-échange complet et approfondi, l’ALECA ? Lancées en 2015, ses négociations sont suspendues depuis 2019 ; la reprise du dialogue parlementaire ne signifie donc pas, à elle seule, leur relance.
Faut-il reprendre ce projet, en revoir les conditions ou privilégier des accords sectoriels plus ciblés ? Et quelles garanties permettraient de mieux tenir compte des capacités des entreprises tunisiennes, de protéger les secteurs vulnérables et d’assurer une véritable réciprocité ?
Wait and see….