Les marchés américains ont connu, jeudi 5 novembre, leur plus forte baisse quotidienne depuis avril 2025. Le décrochage des valeurs technologiques et des entreprises liées aux infrastructures de l’intelligence artificielle a entraîné les principaux indices dans le rouge.
La Bourse américaine a subi une violente correction, sa plus forte baisse quotidienne depuis avril 2025, lorsque les annonces tarifaires de Donald Trump avaient provoqué une onde de choc sur les marchés mondiaux. Le mouvement de vente a été principalement alimenté par le recul des valeurs technologiques, notamment celles liées au développement des infrastructures de l’intelligence artificielle (IA).
Le Dow Jones Industrial Average a perdu 1 834,84 points, soit 3,44 %, pour clôturer à 51 521,28 points. Le S&P 500 a reculé de 4,35 %, à 7 353,80 points, tandis que le Nasdaq Composite a chuté de 5,52 %, à 24 315 points. L’indice de volatilité VIX, souvent considéré comme un baromètre de la peur des investisseurs, a bondi de près de 62 %, à 26,89 points.
Cette dégradation intervient après plusieurs mois de fortes valorisations des grandes entreprises technologiques. Les investisseurs réévaluent désormais les perspectives de bénéfices des groupes engagés dans la course à l’IA, face à l’ampleur des dépenses nécessaires à la construction de centres de données et à l’incertitude sur leur rentabilité à moyen terme.
Les valeurs des semi-conducteurs et des infrastructures numériques ont concentré une grande partie des ventes. Nvidia a perdu 9,3 %, contre 17,3 % pour Advanced Micro Devices (AMD). Les entreprises spécialisées dans les serveurs et les services informatiques liés à l’IA ont également été fortement touchées, à l’instar de Dell qui a chuté de 10,5 %, et CoreWeave (-10 %).
Les résultats des élections américaines de mi-mandat ont ajouté un facteur d’incertitude. La victoire des démocrates pourrait favoriser des initiatives visant à encadrer davantage le développement des centres de données, notamment en raison de leur consommation d’électricité et de leurs effets sur les factures énergétiques des ménages. Les investisseurs redoutent que des moratoires locaux ou de nouvelles contraintes réglementaires ralentissent les projets d’investissement et, par conséquent, la demande de puces et d’équipements spécialisés.
La hausse des coûts de financement constitue un autre facteur de pression. Les rendements obligataires élevés rendent les investissements à long terme plus coûteux et réduisent l’attrait relatif des actions fortement valorisées. Les prises de bénéfices, après les récents gains de Wall Street, ont amplifié le mouvement de repli.
Le marché obligataire a, de son côté, enregistré une progression des prix des titres du Trésor américain, accompagnée d’un recul du rendement à dix ans, à environ 4,84 %. Ce mouvement traduit une recherche de placements jugés plus sûrs dans un contexte de forte volatilité boursière.
Sur le marché de l’énergie, le Brent a rebondi de 3,9 %, à 98,29 dollars le baril, après sa forte baisse de la veille. Les incertitudes persistantes autour de la guerre avec l’Iran continuent de peser sur les perspectives d’approvisionnement et sur les anticipations d’inflation.
La correction de Wall Street illustre ainsi le changement de perception des investisseurs à l’égard de l’intelligence artificielle : après avoir soutenu les valorisations boursières, les dépenses colossales consacrées à son développement deviennent une source d’interrogation sur les rendements futurs, les coûts énergétiques et les risques de surinvestissement.