Les prix du pétrole ont poursuivi leur repli ce jeudi 5 novembre, enregistrant une quatrième séance consécutive de baisse. Les marchés anticipent une possible réduction des tensions entre Washington et Téhéran, après les résultats des élections américaines de mi-mandat. La perspective d’un retour plus régulier des approvisionnements du Golfe pèse également sur les cours.
Les cours du pétrole ont reculé pour la quatrième séance consécutive, les investisseurs intégrant dans leurs anticipations une diminution du risque d’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran. Les résultats des élections américaines de mi-mandat, marquées par les revers du Parti républicain, renforcent les attentes d’une reprise des efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit. Le Brent de la mer du Nord cède 97 cents, soit 1,03 %, à 93,65 dollars le baril. Le brut américain West Texas Intermediate (WTI) recule de 1,14 dollar, ou 1,29 %, à 86,98 dollars.
Les investisseurs estiment que l’affaiblissement politique de Donald Trump, confronté à un Congrès qui sera contrôlé par les démocrates dès janvier 2027, pourrait réduire les possibilités d’une nouvelle escalade militaire contre l’Iran et favoriser la recherche d’un accord. Des sources proches de gouvernements du Golfe citées par Reuters considèrent qu’une opération militaire de grande ampleur apparaît désormais moins probable.
La perspective d’un règlement du conflit pourrait permettre de rétablir une partie des flux pétroliers du Moyen-Orient perturbés depuis le début de la guerre. Les expéditions de brut à travers le détroit d’Ormuz sont revenues à des niveaux proches de ceux observés avant le conflit, selon des analystes, même si les coûts de transport demeurent plus élevés. Cette reprise des approvisionnements a également modifié les perspectives d’équilibre du marché. JP Morgan estime que celui-ci est repassé en situation d' »excédent », évalué à 1,1 million de barils par jour en septembre, puis à 1,4 million en octobre.
Par ailleurs, les stocks commerciaux de pétrole dans les principaux pays consommateurs restent proches de leurs niveaux les plus bas depuis quinze ans. Aux États-Unis, les réserves de brut, d’essence et de produits distillés ont diminué la semaine dernière. Tandis que la demande a atteint son plus haut niveau en un an, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA).
Le marché demeure donc partagé entre les perspectives d’une détente géopolitique et la fragilité des réserves disponibles. Une reprise des hostilités, des attaques contre les infrastructures énergétiques ou de nouvelles perturbations du trafic maritime dans le Golfe pourraient rapidement inverser la tendance.