L’opposant politique et président du Front de salut national, Ahmed Néjib Chebbi, a entamé, jeudi 1er octobre 2026, une grève de la faim ouverte depuis sa cellule.
Figurant parmi les personnalités clés de l’opposition tunisienne avec six décennies d’engagement au compteur, le vétéran de plus de 80 ans proteste contre les sévères restrictions imposées aux détenus en matière d’accès à l’information et aux médias indépendants.
Dans un communiqué rendu public, sa famille dénonce « une politique visant à isoler les prisonniers du monde extérieur », réduisant leur accès à l’actualité aux seuls organes diffusant « la propagande du pouvoir ». Face à ce blocage, l’ancien prisonnier politique sous Habib Bourguiba a affirmé préférer « mourir dans la dignité plutôt que vivre sans elle ».
Bien évidemment, cette action extrême suscite une vive inquiétude quant à sa santé. Incarcéré depuis décembre 2025 pour purger une peine de douze ans de prison dans le cadre de l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État », Ahmed Néjib Chebbi a déjà été victime de malaises et d’épuisement en détention. D’ailleurs, son avocate et plusieurs ONG avaient déjà tiré la sonnette d’alarme sur sa santé déclinante et dénoncé les violations des garanties d’un procès équitable, doit-on rappeler.
La décision de Chebbi s’inscrit dans une vague sans précédent de “protestations par la faim au sein des prisons tunisiennes“. Ces dernières semaines, plusieurs figures politiques et autres militants y ont eu recours pour contester leurs conditions de détention ou exiger leur libération. Parmi eux, on citera Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre (PDL), en grève depuis le 23 septembre, ainsi que les militants Ghassen Henchiri et Ghassen Boughdiri. D’autres, comme Wael Naouar ou Nabil Chennoufi, ont été contraints de suspendre leur mouvement in extremis après de graves complications médicales.
Bien que les motifs judiciaires diffèrent, cette multiplication des grèves de la faim illustre le recours généralisé à ce mode d’action désespéré face au durcissement des conditions carcérales.