À l’approche de la première édition du Forum « Afrique-El Alamein », prévue du 2 au 4 octobre en Égypte, l’Algérie entend mettre en avant ses ambitions économiques sur le continent. Commerce intra-africain, investissements, infrastructures et intégration régionale devraient figurer parmi les principaux enjeux de cette rencontre.
Organisée du 2 au 4 octobre 2026 à Alamein, en Égypte, la rencontre doit réunir des responsables politiques, des institutions financières, des investisseurs et des représentants du secteur privé autour des perspectives de développement et d’intégration économique de l’Afrique. Pour Alger, l’enjeu dépasse la participation à une nouvelle plateforme économique. Le pays cherche à valoriser ses capacités industrielles, énergétiques et logistiques et à accroître ses échanges avec les autres économies africaines.
Le forum doit notamment porter sur les moyens de développer le commerce intra-africain, de faciliter les investissements transfrontaliers et de soutenir les projets structurants à l’échelle du continent. Ces questions s’inscrivent dans le cadre plus large de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), dont l’objectif est de réduire progressivement les barrières commerciales entre les pays africains et de favoriser la constitution de chaînes de valeur régionales.
L’amélioration des infrastructures de transport, des corridors commerciaux et des réseaux énergétiques constitue également un enjeu majeur. Le développement de ces infrastructures est considéré comme une condition essentielle pour réduire les coûts logistiques et rapprocher les marchés africains.
Alger mise sur ses capacités énergétiques et industrielles
L’Algérie dispose de plusieurs atouts qu’elle cherche à davantage valoriser sur les marchés africains, notamment dans les hydrocarbures, l’électricité, les infrastructures, les industries manufacturières et les services.
Le pays cherche également à renforcer ses liaisons terrestres et commerciales avec les États voisins et à développer son rôle de plateforme entre l’Afrique du Nord et le reste du continent.
Cette stratégie intervient alors que plusieurs pays africains cherchent à accroître la transformation locale de leurs ressources et à réduire leur dépendance aux importations extra-africaines. Pour les économies disposant de capacités industrielles ou énergétiques, cette évolution peut ouvrir de nouveaux débouchés.
L’Égypte veut faire d’Alamein une plateforme africaine
Pour l’Égypte, l’organisation du forum répond à une ambition comparable : faire d’Alamein une plateforme durable de dialogue entre gouvernements, entreprises, investisseurs et institutions financières africaines. Le Forum « Afrique-Alamein » doit se tenir parallèlement à plusieurs réunions africaines organisées du 2 au 4 octobre, dont le sommet des États fondateurs de l’Agence de développement de l’Union africaine, AUDA-NEPAD, ainsi que la réunion de coordination de mi-année de l’Union africaine.
Selon l’APS, cette première édition vise notamment à renforcer l’intégration économique, le commerce et l’investissement, ainsi qu’à soutenir les projets de développement et les échanges intra-africains.
La multiplication des initiatives économiques continentales traduit aussi une évolution des stratégies nationales. Les pays africains cherchent à développer leurs échanges mutuels, à attirer davantage de capitaux et à renforcer les capacités locales de production. Dans ce contexte, l’Algérie veut consolider ses positions en Afrique en s’appuyant sur ses infrastructures, son potentiel énergétique et son appareil industriel. Le défi sera désormais de transformer cette présence institutionnelle en contrats commerciaux, investissements et projets communs.
Le Forum d’Alamein constituera ainsi une nouvelle occasion de mesurer les ambitions économiques des différents acteurs africains et leur capacité à faire progresser concrètement l’intégration des marchés du continent.