Fermeture du détroit d’Ormuz, flambée des prix du baril de pétrole : autant d’éléments déterminants pour savoir si le conflit Iran–États-Unis–Israël persistera ou si l’on assistera à la fin des hostilités. Tout porte à croire que les scénarios sont multiples.
Au vu de la situation actuelle au Moyen-Orient, trois scénarios sont à considérer pour l’évolution future des indicateurs économiques en Tunisie. C’est ce qu’a annoncé l’économiste Aram Belhaj via sa page officielle sur Facebook.
Selon les dernières prévisions, le scénario le plus probable est, d’après lui, celui d’une stagnation du conflit, c’est-à-dire le maintien de la situation actuelle sans issue. Dans ce contexte, le prix du baril est estimé entre 95 et 110 dollars. Cette situation pourrait entraîner un déficit budgétaire d’environ 20 milliards de dinars, un déficit commercial d’environ 25 milliards de dinars et des réserves de devises équivalant à 90 jours à la fin de l’exercice fiscal en cours.
Lire aussi : Choc pétrolier : Mouez Soussi alerte sur les risques pour les finances publiques
Dans le cadre des efforts visant à favoriser une stabilisation des tensions géopolitiques, » nous avons négocié une accalmie dans le détroit d’Ormuz », estime-t-il. Cette initiative, qui s’inscrit dans notre stratégie globale de gestion des risques, vise également à apaiser les tensions dans le détroit de Bab el-Mandeb. « Dans ce scénario, le prix du baril se stabiliserait entre 75 et 85 dollars, ce qui résoudrait le problème de l’érosion des réserves et freinerait l’aggravation des déficits, tout en permettant une baisse progressive de l’inflation vers 5% « , poursuit-il.
Dans l’éventualité d’une escalade majeure, avec une frappe américano-israélienne de grande envergure ou un retrait de l’Iran du Traité de non-prolifération nucléaire, nous anticipons une fermeture quasi totale du détroit d’Ormuz et du détroit de Bab el-Mandeb. Cette issue, bien que peu probable, représenterait un danger majeur pour notre organisation. Selon les estimations actuelles, le prix du baril de Brent se situerait dans une fourchette de 130 à 150 dollars. Cette situation pourrait entraîner un déficit budgétaire supérieur à 22 milliards de dinars, une inflation pouvant dépasser 8% et des réserves susceptibles de descendre en dessous du seuil des 90 jours.
Il est à noter que, pour l’instant, le scénario « commercial » est plus probable que le scénario « monétaire ». Cette situation est attribuable au gel des prix des carburants, qui a pour effet de reporter le choc sur la balance des paiements plutôt que sur le portefeuille du consommateur. Cependant, si le premier scénario, et surtout le troisième, se concrétisent, l’équation changera inévitablement.