L’arrêt du principal oléoduc saoudien reliant l’est du royaume à la mer Rouge menace jusqu’à 4 % de l’offre mondiale de pétrole. Si les opérations ne reprennent pas rapidement, les stocks disponibles pour l’exportation pourraient être épuisés en quelques jours, accentuant une crise énergétique déjà aggravée par les perturbations du détroit d’Ormuz et de la mer Rouge.
Le marché pétrolier mondial fait face à un nouveau choc. L’Arabie saoudite a interrompu l’exploitation de son oléoduc Est-Ouest, essentiel pour acheminer son pétrole vers le port de Yanbu, sur la mer Rouge, après une attaque de drones. L’ouvrage permettait de contourner le détroit d’Ormuz, fortement perturbé par la guerre au Moyen-Orient.
L’oléoduc, long d’environ 1 200 kilomètres, transportait ces derniers mois entre 4 et 5 millions de barils par jour, soit environ 4 à 5 % de l’offre mondiale. Son arrêt risque donc de réduire les volumes disponibles sur un marché déjà fortement déficitaire.
Selon plusieurs négociants et acteurs du secteur cités par Reuters, Riyad pourrait voir ses stocks destinés à l’exportation s’épuiser en cinq à sept jours si le pompage ne reprend pas. Les capacités de stockage de Yanbu sont estimées à environ 35 millions de barils. Tandis que des stocks supplémentaires sont disponibles dans les ports égyptiens d’Aïn Sokhna et de Sidi Kerir.
La durée des réparations reste incertaine. Certaines estimations évoquent cinq à six semaines. Alors que d’autres tablent sur une reprise partielle du pompage avant même la fin des travaux.
Cette nouvelle perturbation intervient alors que la production saoudienne a déjà fortement reculé. Elle serait tombée à environ 6,2 millions de barils par jour en août, contre 10,9 millions en février, avant le déclenchement de la guerre. L’Agence internationale de l’énergie prévoit pour sa part une contraction de 5,7 millions de barils par jour de l’offre mondiale en 2026, soit environ 6 %.
La situation est également aggravée par les tensions autour de la mer Rouge et du détroit de Bab el-Mandeb, où les Houthis ont renforcé leur présence. L’attaque contre l’oléoduc saoudien intervient ainsi au moment où plusieurs grandes routes d’exportation du pétrole sont simultanément menacées.
Les cours réagissent déjà à cette nouvelle détérioration. Le Brent a dépassé 107 dollars le baril en ouverture de séance ce lundi. Tandis que les marchés redoutent une prolongation des perturbations et une nouvelle accélération de l’inflation énergétique.
Avec Ormuz fortement perturbé et désormais la principale voie terrestre saoudienne vers la mer Rouge à l’arrêt, le marché mondial du pétrole dispose de marges de sécurité de plus en plus réduites.