Ils étaient cinq autour du président de la République, Kaïs Saïed, mercredi 26 août, pour évoquer « les coupures d’eau et d’électricité qui touchent plusieurs régions du pays depuis plusieurs semaines ». Ils, ce sont la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, le ministre chargé de l’Énergie Salah Zouari, le ministre de l’Agriculture et des Ressources hydrauliques, Ezzeddine Ben Cheikh, ainsi que les dirigeants généraux de la STEG et de la SONEDE.
À cette occasion, le chef de l’État a, une fois de plus, a estimé que ces coupures sont essentiellement dues à « un complot » et non d’une défaillance structurelle. En effet, un communiqué de la présidence indique que des « enquêtes » ont établi que ces coupures ne relèvent pas de « simples pannes » mais d’« actes de sabotage délibérément planifiés ». Aucun élément concret : ni auteur identifié, ni mode opératoire, ni preuve matérielle, n’a toutefois été rendu public pour étayer cette affirmation. Le schéma rhétorique est désormais familier : un problème concret et documenté (vétusté des réseaux, sous-investissement chronique dans la STEG et la SONEDE, stress hydrique) est requalifié en menace occulte orchestrée par des « ennemis de la patrie et leurs alliés », sans que ces derniers ne soient jamais nommés.
Ceci étant, et compte tenu des conséquences de ces manquements sur l’économie et les gens, le président de la République a affirmé que « le peuple tunisien n’a plus besoin de simples communiqués » mais « d’actes »…