La guerre au Moyen-Orient et le renchérissement de l’énergie éloignent l’inflation de la cible de 2 % de la BCE. Philip Lane estime qu’elle pourrait rester autour de 3 % jusqu’à la fin de l’année…
L’inflation dans la zone euro pourrait rester proche de 3 % jusqu’à la fin de 2026, selon Philip Lane, économiste en chef de la Banque centrale européenne (BCE).
Dans un entretien accordé à la radio irlandaise RTÉ lundi 17 août, le responsable de la BCE a estimé que l’inflation devrait évoluer « autour de 3 % » durant le reste de l’année, en raison notamment du renchérissement de l’énergie provoqué par la guerre au Moyen-Orient.
Cette prévision demeure toutefois fortement dépendante de l’évolution du conflit. Une amélioration rapide de la situation géopolitique pourrait réduire les tensions sur les marchés de l’énergie, tandis qu’une prolongation de la crise ferait peser un risque supplémentaire sur les prix.
L’inflation de la zone euro a atteint 2,9 % en juillet, accentuant son éloignement de l’objectif de 2 % fixé par la BCE. La hausse des prix de l’énergie constitue désormais l’un des principaux facteurs de préoccupation pour les responsables monétaires.
Vers une nouvelle hausse des taux ?
Philip Lane s’est gardé de confirmer une éventuelle nouvelle hausse des taux d’intérêt. Il a rappelé que la BCE prendra les décisions nécessaires en fonction de l’évolution des données économiques et des risques inflationnistes.
Les marchés anticipent néanmoins une possible hausse supplémentaire de 25 points de base d’ici la fin de l’année. La prochaine étape majeure sera la réunion de septembre, au cours de laquelle la BCE doit actualiser ses projections économiques.
Le maintien d’une inflation élevée pourrait prolonger la période de taux d’intérêt élevés, avec des conséquences directes pour les ménages endettés, notamment les détenteurs de crédits immobiliers.
Malgré ces risques, Lane s’est montré relativement confiant concernant la conjoncture. L’économie de la zone euro a progressé de 0,4 % au deuxième trimestre, une performance supérieure aux attentes qui témoigne, selon lui, d’une certaine résistance de l’économie face aux chocs géopolitiques.
La BCE reste toutefois confrontée à un équilibre délicat : empêcher une nouvelle accélération de l’inflation sans fragiliser davantage une économie déjà exposée aux conséquences de la crise énergétique et géopolitique.