Le projet d’accord entre l’Iran et Oman visant à encadrer la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz se heurte à de sérieux obstacles, notamment en matière de sanctions américaines, d’assurance et de réglementation maritime.
Selon plusieurs sources du secteur citées par Reuters, le dispositif envisagé donnerait à l’Iran un rôle central dans le contrôle des navires entrant dans le Golfe, tandis que les bâtiments souhaitant en sortir emprunteraient un corridor entre les eaux iraniennes et omanaises, avec une autorisation délivrée par Oman après notification à Téhéran.
Le principal point de friction concerne toutefois les droits de passage. L’Iran envisagerait de prélever entre 5 % et 7 % de la valeur des cargaisons, tandis qu’Oman défendrait un taux proche de 3 %. Washington, de son côté, réclame une circulation totalement libre et sans frais.
Pour les organisations internationales du transport maritime, l’instauration de telles redevances pourrait remettre en cause le principe de libre navigation dans les détroits internationaux. Elles estiment également que ces paiements pourraient créer un précédent juridique préoccupant. À cela s’ajoute le risque lié aux sanctions américaines visant les structures iraniennes chargées de la gestion du détroit. Les compagnies maritimes pourraient ainsi s’exposer à des sanctions en effectuant les paiements prévus.
Le secteur de l’assurance constitue un autre obstacle majeur. Une nouvelle clause introduite par le marché londonien de l’assurance maritime permet aux assureurs de mettre fin à la couverture d’un navire ayant acquitté des droits ou autres frais pour traverser Ormuz.
Les armateurs se retrouvent donc confrontés à un dilemme : payer pour garantir leur passage tout en risquant de perdre leur couverture d’assurance, ou refuser de payer et s’exposer à des restrictions de navigation.
Le détroit d’Ormuz, par lequel transitait avant la guerre près d’un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole et une part importante du commerce de GNL, demeure ainsi au cœur des négociations visant à rétablir la circulation maritime.