Oman a signifié à des responsables européens qu’il était impossible de rendre au détroit d’Ormuz son état d’avant-guerre et que les navires de passage pourraient devoir s’acquitter de droits de passage. C’est ce que rapporte Bloomberg, citant des sources proches du dossier.
Bien que les autorités omanaises aient clairement indiqué qu’elles se conformeraient toujours au droit maritime international, elles ont également souligné que des frais pourraient être facturés pour les services liés au nettoyage du détroit ou à l’assistance à la navigation, ont indiqué les sources à l’agence. Oman a commencé à analyser des systèmes similaires utilisés à des points de passage étroits dans d’autres parties du monde, comme le détroit de Malacca en Asie, ont indiqué les mêmes sources.
En effet, les États-Unis, l’Europe et les voisins d’Oman dans le Golfe sont de plus en plus préoccupés par la possibilité que le sultanat instaure, en collaboration avec l’Iran, un système de péage ou de redevance pour le détroit d’Ormuz, note Bloomberg.
L’imposition de taxes aux navires pourrait coûter des dizaines de milliards de dollars par an au secteur du transport maritime. Plusieurs gouvernements, dont ceux des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, ont averti que cette mesure constituerait une violation du droit maritime.
D’ailleurs, le président français, Emmanuel Macron rencontrera, lundi 29 juin 2026, à Paris le dirigeant omanais, le sultan Haïtham ben Tariq, alors que les puissances mondiales intensifient leurs efforts pour garantir le maintien de la liberté de passage dans le détroit. Les deux dirigeants examineront « la sécurité des voies maritimes, qui dépend du libre passage et sans condition à travers le détroit d’Ormuz », estiment les analystes français…
« Oman se trouve pris entre le marteau et l’enclume, tentant de maintenir un équilibre entre l’Iran et les États-Unis », a déclaré Bader Al-Saif, professeur adjoint à l’Université du Koweït et chercheur principal au think tank britannique Chatham House. « Cette stratégie a plus ou moins fonctionné par le passé. Mais avec les deux camps en guerre et cherchant constamment à se surpasser, cette attitude d’Oman finira par se retourner contre lui »…
A noter enfin que le trafic pétrolier via le détroit d’Ormuz a augmenté depuis la signature d’un accord de paix intérimaire entre le président américain Donald Trump et l’Iran, entraînant une baisse significative des prix du pétrole brut. Mais le trafic reste bien inférieur aux niveaux d’avant-guerre et les navires sont toujours exposés à des dangers.