Les réserves européennes de gaz ont atteint un niveau historiquement faible pour cette période de l’année, ravivant les inquiétudes sur la sécurité énergétique à l’approche de l’hiver.
Selon les données de Gas Infrastructure Europe publiées jeudi 6 août, les installations de stockage de l’Union européenne sont remplies à moins de 58 %, soit environ 12 points de moins qu’un an auparavant et le niveau le plus faible enregistré à cette période depuis le début des relevés, en 2011. La perturbation du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz constitue l’un des principaux facteurs de tension. La fermeture de cette voie stratégique a limité l’accès au GNL en provenance du Qatar, dont les cargaisons jouent un rôle important dans l’approvisionnement européen.
Cependant, la situation reste différente de celle de 2022. L’Europe consomme désormais moins de gaz et dispose de capacités renouvelables plus importantes. Et a également développé ses infrastructures d’importation de GNL depuis la rupture progressive avec le gaz russe acheminé par gazoduc… Les prix européens du gaz ont ainsi presque doublé depuis les niveaux observés avant le conflit, passant d’environ 31 euros à près de 60 euros par mégawattheure avant de redescendre autour de 53 euros.
Les prévisions pour l’hiver restent particulièrement incertaines. Selon le scénario retenu concernant la réouverture du détroit d’Ormuz et les conditions météorologiques, les prix pourraient atteindre 80 euros par MWh, voire dépasser largement 100 euros en cas d’hiver rigoureux et de faibles arrivées de GNL qatari.
La Commission européenne estime que l’objectif de remplissage des stocks à 80 % reste atteignable et suffisant pour assurer la sécurité de l’approvisionnement. Les analystes se montrent cependant beaucoup plus prudents.
Pour atteindre même des niveaux inférieurs, les acheteurs européens pourraient devoir payer davantage afin d’attirer les cargaisons de GNL, au risque de répercuter la hausse des coûts sur les ménages et l’industrie.
La crise d’Ormuz transforme ainsi la question du stockage du gaz en un enjeu majeur pour la sécurité énergétique européenne à l’approche de l’hiver.