Sans nouveaux investissements dans les gisements gaziers domestiques, l’UE pourrait importer plus de 98% du gaz qu’elle consomme d’ici 2050, selon le rapport « What could domestic gas do for EU energy security ? ». Aujourd’hui, l’Union eupropéenne importe déjà 85% de son gaz ; cette part resterait globalement stable jusqu’au début des années 2030, avant de se dégrader avec le recul norvégien, la pression de la demande domestique en Afrique du Nord et la sortie progressive du gaz russe par gazoduc.
Le gaz naturel liquéfié GNL devient le principal ajustement dans le mix énergétique européen. Sa part dans l’approvisionnement passerait d’environ 40% aujourd’hui à 63% en 2050, dont 77% en provenance des États-Unis. L’écart cumulé entre le scénario le plus bas (aucun nouvel investissement) et le scénario le plus haut (réformes fiscales, accélération des permis, exploration réussie) atteint près de 1 000 milliards de mètres cubes (bcm), soit environ trois années de la demande actuelle de gaz de l’UE.
Au delà de ce rapport, la question se pose: qu’en est-il pour la Tunisie?
Provenant de l’Afrique du Nord, qui est la sous-région cruciale, le gaz transporté par pipeline répond déjà à près de 20 % de la demande en gaz de l’Europe. Cinq pays de l’Afrique du Nord, à savoir le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye et l’Égypte, sont directement liés à la question de la sécurité énergétique européenne.