Alors que la dette publique continue de peser sur les marges de manœuvre de nombreux États africains, le Fonds africain de développement (FAD) s’impose comme un acteur stratégique, souvent moins médiatisé que la Banque africaine de développement (BAD). Son rôle : permettre aux économies les plus fragiles de financer leurs priorités de développement sans basculer davantage dans l’endettement coûteux. C’est ce que rapportent nos confrères du site sénégalais seneweb.com.
Créé en 1972 et opérationnel depuis 1974 par le Nigeria, rappelle le média, le FAD constitue le bras concessionnel du Groupe de la BAD. Contrairement à cette dernière, qui finance une partie importante de ses activités grâce aux marchés financiers, le Fonds repose principalement sur les contributions des pays donateurs et sur le remboursement d’anciens prêts. Ce modèle lui permet donc de proposer des financements à des conditions exceptionnelles : taux d’intérêt réduits, longues périodes de remboursement et recours aux dons pour les pays confrontés à un risque élevé de surendettement. Voilà qui devrait intéresser plus d’un pays africain aujourd’hui.
Car, dans un contexte marqué par la hausse des taux d’intérêt internationaux et le durcissement des conditions d’accès aux capitaux, explique seneweb.com, ces ressources deviennent un véritable amortisseur financier. « La dernière reconstitution du FAD, conclue en 2022, a permis de mobiliser près de 11 milliards de dollars, un niveau record depuis la création de l’institution ». Cette enveloppe doit soutenir, jusqu’en 2025, des projets liés aux infrastructures, à l’agriculture, à la sécurité alimentaire, au climat et au renforcement des économies locales.
Ainsi, les pays de l’UEMOA figurent parmi les principaux bénéficiaires de ce mécanisme. Du reste, le Sénégal, le Bénin, le Mali, le Niger ou encore le Togo utilisent régulièrement les financements du Fonds pour développer des infrastructures énergétiques, hydrauliques, agricoles ou éducatives. Le Sénégal a notamment bénéficié récemment d’un financement concessionnel destiné à renforcer la gouvernance économique et la résilience budgétaire.
Toutefois, derrière cette capacité d’intervention se cache une équation complexe. « Les besoins du continent restent largement supérieurs aux ressources disponibles. Le déficit annuel de financement des infrastructures africaines se chiffre encore en dizaines de milliards de dollars. Tandis que les effets du changement climatique imposent de nouveaux investissements massifs dans l’adaptation et la transition énergétique », écrit le média sénégalais.
Autrement, tout en apparaissant comme un outil indispensable, le FAD ne peut pas constituer une solution unique à la crise financière africaine. Sa dépendance aux contributions des bailleurs internationaux constitue une limite structurelle, alors même que les besoins augmentent. L’enjeu dépasse désormais le simple financement de projets : il concerne la capacité des États africains à bâtir un modèle de croissance durable sans reproduire les cycles d’endettement qui ont marqué leur histoire économique.
« Dans l’ombre de la BAD, le FAD est ainsi devenu un acteur central de la bataille pour la souveraineté financière africaine », conclut notre source.